Alain Cambi : « Des frustrations qui explosent »
La longue grève à la SNCF révèle le profond malaise des cheminots. En cause, les restructurations, les destructions d’emploi et l’abandon d’un service public, explique Alain Cambi, secrétaire fédéral de SUD-Rail.
dans l’hebdo N° 1099 Acheter ce numéro

Politis : Loin des propos rassurants de la direction de la SNCF, le mouvement de grève des salariés a mis en évidence un malaise général dans l’entreprise publique. Quelles en sont les raisons ?
Alain Cambi : Depuis plusieurs années, une stratégie de management mise en place par la SNCF, et pratiquée dans des grandes entreprises comme France Télécom, entraîne des situations de sous-effectif chronique. Les salariés sont en permanence sous pression et « tentent » d’assurer leurs missions de service public, ce qui génère un certain nombre de conflits entre la hiérarchie de proximité et les personnels. Ce management a introduit des mesures d’individualisation, avec notamment un système de primes et des entretiens annuels, ce qui fait que les salariés se retrouvent souvent seuls, avec de moins en moins la possibilité d’échanger avec