Je suis gay, ça te pose un problème ?
Parce que l’homophobie est encore dominante dans les lycées, la Fidl a lancé une campagne pour démonter les préjugés et briser les tabous. Elle appelle les pouvoirs publics à prendre le relais.
dans l’hebdo N° 1104 Acheter ce numéro

Sur l’affiche, ils sont quatre. Black-Blanc-Beur. Sur leur torse nu, des bouquets d’inscriptions comme : « Bouddhiste-Fêtard-Bisexuel-Breton… » ; « Féministe-Hétéro-Laïque-Doux… » ; « Littéraire-Spontanée-Lesbienne-Métisse… » ; « Rebeu-Homo-Musulman-Ch’ti… ». Ils ont les mains sur les hanches et le regard droit. Le titre : « L’homosexualité n’est pas un problème, l’homophobie en est un. » De quoi déclencher des réactions violentes : « Homo et musulman sur la poitrine, ça ne plaît pas à tout le monde » , souligne Toufike. Nouveau président de la Fidl, le syndicat lycéen à l’initiative de cette campagne contre l’homophobie, il fait partie des quatre modèles. « J’ai décidé de poser pour montrer que la religion n’a rien à voir avec l’orientation sexuelle. » Lors des actions organisées devant les lycées pour accompagner la campagne lancée le 17 avril, un mois tout juste avant la Journée internationale contre l’homophobie, il a récolté insultes et menaces. « On m’a jeté : “Dieu t’aura pas oublié !” » Maxime, également sur l’affiche, a reçu quant à lui des jets de tournevis. « Dans les lycées, l’homophobie est la norme ! », s’insurge Charlotte, coordinatrice nationale de la Fidl. Cette réalité leur a sauté au visage lors d’un congrès