La logique du « produit frais »
Une poignée de films monopolisent les salles. Cette concentration du marché mine l’économie du cinéma, menaçant la création et la diversité. Comment libérer les écrans ?
dans l’hebdo N° 1102 Acheter ce numéro
Alice (Tim Burton) ou Independencia (Raya Martin) ? Iron Man 2 ou le docu sur les demandeurs d’asile (les Arrivants, de Claudine Bories et Patrice Chagnard) ? Le Criquet (film d’animation de Zdenek Miller) ou Téhéran (Nader T. Homayoun) ? Rares sont les spectateurs en France qui avaient le choix, début mai, entre ces six films, dont un seul (Iron Man 2) était dans sa première semaine de sortie nationale. Sauf à habiter Paris. Les spectateurs d’Aveyron, par exemple, pouvaient aller voir les deux films américains à Rodez, mais en version française. Le cinéma le plus proche jouant Téhéran était Les Carmes, à Orléans (535 km). Paradoxe : la France possède un parc de salles unique en Europe (voir encadré p. 20), mais les dix premiers films au box-office occupent 90 % des écrans. Ce n’est donc plus le fait de trouver une salle près de chez soi qui pose problème mais le nombre de films à l’affiche. Comment préserver la diversité ? Et qui pour la défendre ?
« Nombreuses sont les petites salles qui demandent à être classées “art et essai” (AE), souligne Geneviève Houssay, présidente du Groupement national des cinémas de recherche (GNCR). Pour des raisons économiques, puisque cela permet de bénéficier d’une aide de 8 000 à 20 000 euros par an, mais aussi pour des raisons symboliques. La France diffuse des