Mockus, l’homme du changement
Antanas Mockus, lointain outsider du Parti vert il y a deux mois, fait jeu égal pour le premier tour de la présidentielle du 30 mai avec Juan Manuel Santos, l’héritier d’Àlvaro Uribe, qui n’a pas pu se représenter.
dans l’hebdo N° 1104 Acheter ce numéro
La Colombie ira-t-elle au bout de son audace en élisant Antanas Mockus le 20 juin, au second tour de la présidentielle ? C’est ce qu’indiquent les derniers sondages. Le candidat du Partido verde (Parti vert), crédité de 9 % des intentions de vote fin mars, en recueillait 39 % un mois plus tard. Au premier tour, le 30 mai, il pourrait en tout cas devancer l’ex-grand favori du scrutin, Juan Manuel Santos, candidat du Parti social de l’union nationale (Partido de la U, droite libérale) du président sortant, Álvaro Uribe. En un délai record, une improbable éventualité a pénétré les esprits dans un pays qui découvre, un peu éberlué, l’ampleur de son désir de changement.
L’homme, à 58 ans, n’est pourtant pas un nouveau venu en Colombie. Ancien enseignant en mathématiques, collier de barbe façon pasteur, jeans et T-shirt,