Des victimes traitées en coupables

À Paris, une fillette malienne intoxiquée au plomb a été provisoirement séparée de sa mère. Alors que
la préfecture aurait dû reloger la famille, les associations redoutent une stigmatisation des immigrés.

Patrick Piro  • 10 juin 2010 abonné·es
Des victimes traitées en coupables
© PHOTO : GUEZ/AFP

Kadiatou tend avec insistance son biscuit à moitié grignoté, comme une preuve de son appétit retrouvé. Elle a repris du poids depuis un mois. Mais, avec 11 kg, il lui en manque encore 4 pour ses 2 ans et demi d’âge. C’est ce qui a alerté Aminata Diarra, sa mère. Les examens médicaux, en mars dernier, délivrent un diagnostic effarant : Kadiatou est gravement intoxiquée au plomb, 812 microgrammes par litre de sang (µg/l), un taux proche de la dose létale (voir encadré). Après deux traitements intensifs, ce taux est tombé à 600 µg/l, mais les quantités d’ores et déjà fixées dans les os et les tissus condamnent la fillette à connaître des retards de développement, des atteintes au système ­nerveux et un risque quasi certain de transmettre à ses enfants le saturnisme – le nom de l’intoxication au plomb –, si un jour elle est enceinte. Pour compléter le tableau, l’enfant a été placée en pouponnière par la justice le 28 mai, afin d’assurer sa protection.

Les Diarra, famille malienne composée de la mère et de

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Écologie
Temps de lecture : 6 minutes

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