Dossier : Didier Porte : «Un pouvoir qui s'en prend à ses bouffons est un pouvoir aux abois»

Les causes d’une dérive annoncée

Loin de nous l’idée de triompher sur l’air de « on vous l’avait bien dit ».
Pourtant, les crises actuelles prennent bien leur source dans une conception de l’Europe que nous avons toujours combattue. Retour sur dix-huit ans d’analyses des traités successifs dans les colonnes de Politis .

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L’Europe est en crise. Sa monnaie, seul véritable projet communautaire de ces vingt dernières années, vacille, et aucun État ne s’imagine plus à l’abri de la spéculation qui a mis la Grèce à genoux ; les plans nationaux d’austérité fleurissent sous la pression des agences de notation, mais avec la bénédiction de la Commission et de la Banque centrale européennes. Sans oublier l’intervention, ô combien humiliante, du Fonds monétaire international. Résultat, les salaires des fonctionnaires baissent ; en Grèce bien sûr, mais aussi au Portugal, en Espagne, en Roumanie, et bientôt en France. Sur tout le continent, la protection sociale se rétrécit. Ce qui reste de services publics est voué à un inévitable démantèlement.

L’Europe était censée nous protéger. Elle nous livre pieds et poings liés aux diktats des marchés financiers. Et nous condamne à la récession, aucune relance communautaire ne se substituant à l’interdiction des relances nationales financées par le déficit budgétaire. Ouverte à tous les vents de la mondialisation libérale, l’Europe n’est plus que l’ombre du géant économique que l’on nous chantait, mais reste le nain politique que les derniers traités devaient muer en puissance.

Ce naufrage était prévisible. La destruction du modèle social européen et l’absence d’Europe politique démocratique étaient inscrites dans les traités européens. Au moins depuis celui de Maastricht. Les plus anciens lecteurs de Politis se souviennent qu’en 1992 une lecture attentive du texte que l’on nous demandait d’approuver par référendum nous avait conduits à prôner le « non ». Une position réitérée, en 2005, face au traité constitutionnel européen. Nos analyses étaient fondées. Les soubresauts qui secouent l’Europe depuis plus de six mois prouvent que nous avons eu raison de tirer la sonnette d’alarme. Maigre consolation qui nous permet toutefois de remonter aux causes d’une dérive dont il serait trop facile de chercher la source de l’autre côté de l’Atlantique, en reportant la cause de cette dérive sur la crise des subprimes.


PHOTO : GUEZ/AFP

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