« Le Siècle des nuages », de Philippe Forest : Des lignes aériennes
Cinquième roman
de Philippe Forest, « le Siècle des nuages » impressionne
par son ampleur,
tout en s’attachant
à la figure
d’un père défunt.
dans l’hebdo N° 1115 Acheter ce numéro

À la longue liste des livres sur le père défunt, le Siècle des nuages, le cinquième roman de Philippe Forest, ajoute un très beau spécimen. Il s’en distingue aussi, car il épargne au lecteur les trémolos d’émotion ou, au contraire, les règlements de compte a posteriori qui appesantissent trop souvent le genre. On sait, à lire les précédents ouvrages de Philippe Forest, et en particulier ses livres sur la mort de sa petite fille – un roman : l’Enfant éternel (Gallimard, 1997), et un essai : Tous les enfants sauf un (Gallimard, 2007) –, que le pathétique facile n’entre pas dans son écriture. Celle-ci garde cependant une grande puissance d’émotion.
Le Siècle des nuages se distingue également par son ambition, ne serait-ce que par sa taille : 550 pages. Non que la vie de Jean Forest, né en 1921, soit celle, gorgée d’exploits en tout genre, d’un héros qui aurait brillé par une lucidité et des actes d’un courage hors du commun. De ce point de vue, la figure que façonne Philippe Forest est plutôt celle d’un antihéros, ballotté par l’Histoire plus que maître de son sort. Mais la vie d’un antihéros n’est pas forcément banale.