La conscience d’un monde fini

L’effondrement du modèle occidental sous l’effet de dérèglements multiples requiert une créativité sociale et politique aussi inédite que les problèmes à affronter.

Thierry Brun  • 23 septembre 2010 abonné·es
La conscience d’un monde fini
© PHOTO : LEHENAFF/AFP

Politis : Le titre de votre livre, le Temps du monde fini, est extrait d’une citation de Paul Valéry. Quel sens donnez-vous à ce monde fini ?

Geneviève Azam I Paul Valéry écrivait en 1931 : « Le temps du monde fini commence » ; c’était un appel à se libérer de la pensée expansionniste pour retrouver la liberté et la solidarité sur une Terre aux dimensions finies.

La conscience d’une planète finie – et partiellement détruite – peut inaugurer l’avènement d’autres mondes. Mais le monde fini est aussi celui du règne sans partage d’une loi économique qui, quotidiennement et dans les actes les plus simples, a rabattu et traduit les désirs humains en besoins solvables sur un marché, en simple entretien d’un processus vital qui demande sans cesse à être renouvelé dans la peine et la sueur, et en prélevant sans compter des ressources non renouvelables. Le terme de « monde fini » heurte une idée de la liberté qui est souvent assimilée à l’absence de limites et à la possibilité infinie de leur transgression. Si les désirs sont infinis, les besoins ne le sont qu’au regard des nécessités de l’accumulation illimitée des richesses et du capital. La croyance en des besoins illimités se traduit par l’appauvrissement des désirs et leur consumation dans le cycle de la production-consommation, par l’acceptation

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Idées
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

Aux États-Unis, le règne des technofascistes
Essais 12 février 2026 abonné·es

Aux États-Unis, le règne des technofascistes

La réélection de Donald Trump rend tangible l’objectif de certaines élites de la Silicon Valley : se débarrasser des démocraties libérales occidentales et prendre le contrôle sur les États-nations. Deux ouvrages analysent ce phénomène déjà en cours.
Par Thomas Lefèvre
Thomas Lacoste : « Créer un pare-feu autour de ceux qu’on a érigés en “écoterroristes” »
Entretien 10 février 2026 abonné·es

Thomas Lacoste : « Créer un pare-feu autour de ceux qu’on a érigés en “écoterroristes” »

Dans un film d’entretiens passionnant, le réalisateur de Soulèvements dresse le portrait choral du mouvement des Soulèvements de la terre. Il met ainsi en lumière la personnalité et la pensée de ces militants qui luttent pour la défense de nos communs.
Par Vanina Delmas et Christophe Kantcheff
La pollution, un impensé colonialiste
Analyse 6 février 2026 abonné·es

La pollution, un impensé colonialiste

Chlordécone aux Antilles, pénuries d’eau à Mayotte, aires d’accueil de gens du voyage contaminées, quartiers populaires asphyxiés… Les populations racisées paient le prix fort d’un racisme environnemental que l’écologie dominante peine encore à nommer.
Par Thomas Lefèvre
L’égoïsme, stratégie de survie dans le néolibéralisme triomphant
Essai 4 février 2026 abonné·es

L’égoïsme, stratégie de survie dans le néolibéralisme triomphant

Le sociologue Camille Peugny met en lumière une droitisation socio-économique de la France. Avec le rejet de l’État-providence et l’individualisation des parcours, le chacun-pour-soi s’impose progressivement
Par François Rulier