Borloo fait mousser son Grenelle
Trois ans après les débats du Grenelle de l’environnement, un rapport indépendant en dresse une évaluation flatteuse qui sert les ambitions du ministre de l’Écologie. Pourtant, on cherche en vain la « révolution » annoncée.
dans l’hebdo N° 1126 Acheter ce numéro

Petit théâtre de la communication politique la semaine dernière : Jean-Louis Borloo organise en son ministère de l’Écologie la divulgation d’un rapport « indépendant » chargé d’évaluer trois années de mise en application des engagements du Grenelle de l’environnement. Rédigé par un comité d’experts [^2] coordonné par le cabinet Ernst & Young, le document n’a pas été présenté auparavant aux organisations ayant participé aux débats du Grenelle en 2007. « Les parties prenantes ont souhaité faire un point d’étape » , ose le ministre. Pourtant, les associations n’ont pas été conviées à participer à cette évaluation (voir encadré).
C’est donc sans surprise que l’on découvre un satisfecit global – plaisante coïncidence pour un Jean-Louis Borloo qui postule activement au poste de Premier ministre [^3]. Baignés d’optimisme, les rédacteurs du rapport n’ont pas lésiné sur les formules pour qualifier le Grenelle : « acte fondateur pour un nouveau modèle de société » , « véritable monument