Punition collective pour le photovoltaïque
En raison de l’inflation des projets, le gouvernement vient de geler pour trois mois toute nouvelle installation industrielle de production d’électricité solaire. Abasourdie, la filière exprime son inquiétude et sa colère.
dans l’hebdo N° 1132-1133 Acheter ce numéro

C’est le syndrome de l’enseignant débordé : trois malins trichent, et tous les élèves se retrouvent collés. Le 10 décembre, par décret, le prof Fillon a mis au régime sec toute la classe photovoltaïque parce que certains opérateurs ont exploité sans vergogne les aides à l’électricité solaire : pendant trois mois, aucune demande de raccordement au réseau ne sera admise pour les installations photovoltaïques de plus de 3 kilowatts de puissance [^2]. Le gouvernement allègue une grosse surchauffe de la filière. Après l’avoir laissé végéter pendant des années, il a offert, mi-2006, un tarif d’achat très attractif aux producteurs d’électricité solaire : jusqu’à 0,58 euro par kilowattheure en 2010, ce qui a porté le parc français de panneaux photovoltaïque à quelque 800 mégawatts (MW) fin 2010.