«Nous, Princesses de Clèves» : des filles de l’être
Dans Nous, Princesses de Clèves , un documentaire de Régis Sauder, des adolescents défavorisés évoquent leurs manques et leurs espoirs à travers un grand roman de la littérature française.
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« La magnificence et la galanterie n’ont jamais paru en France avec tant d’éclat que dans les dernières années du règne de Henri second. » Dans cette phrase inaugurale de la Princesse de Clèves , se manifestent d’emblée l’esprit et la langue du Grand Siècle. C’est pourtant cette œuvre, considérée comme le premier roman moderne de la littérature française, qu’une professeure de français du lycée Denis-Diderot, situé en ZEP dans les quartiers nord de Marseille, a donné à étudier à sa classe de première, et ce malgré « l’exigence de ce texte » , comme elle le dit dès le générique. Aurore, Cadiatou, Abou, Manel, Mona, Albert, Wafa, Laura… sont ainsi les protagonistes de Nous, Princesses de Clèves . Mais pas en tant qu’élèves se confrontant à l’étude d’un chef-d’œuvre du patrimoine littéraire. Le documentaire de Régis Sauder ne porte pas sur l’école. Ce que montre ce film est beaucoup plus rare : c’est l’appropriation par des jeunes d’aujourd’hui d’un texte vieux de plus de trois siècles, c’est ce que celui-ci révèle en eux, et l’ébranlement intime qu’il provoque ; c’est donc aussi en quoi la Princesse de Clèves a gardé toute son actualité.
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