Affaire DSK : les rouages de la « justice spectacle »
Les images de Dominique Strauss-Kahn menotté ont causé en France de vifs débats. Nous analysons ici les spécificités du système judiciaire américain. Et les différences de culture médiatique entre la France et les États-Unis. Par notre correspondant, à New York.
dans l’hebdo N° 1154 Acheter ce numéro

Harlem. Dimanche 15 mai. Un groupe de journalistes, de photographes et de cameramen se masse à la sortie du parking du bâtiment de la Special Victims Unit (SVU), une unité spéciale de la police new-yorkaise qui traite notamment des affaires de crimes sexuels. Depuis la veille au soir, c’est dans ce bâtiment massif de briques rouges, style blockhaus, qu’est interrogé Dominique Strauss-Kahn. Le groupe se demande quand il va sortir. Certains attendent depuis 7 heures du matin, d’autres depuis la veille. Des ondées s’abattent régulièrement. « Et dire que j’aurais pu être en train de prendre un petit-déjeuner avec ma copine » , se plaint un journaliste.
Plus que l’heure de sortie de l’ancien ministre, beaucoup se soucient de savoir si les policiers le feront « marcher » devant les objectifs. Au porte-parole qui se présente de temps à autre pour informer le groupe d’une sortie imminente – sans cesse reportée –, un des photographes lance même : « La seule chose qu’on demande, c’est que vous le fassiez sortir quand il fait jour. »
23 h, il fait nuit, mais les signes d’une apparition se multiplient. Une voiture se gare devant le groupe. C’est le véhicule qui conduira l’ancien ministre derrière les barreaux. La presse jubile :