Naples, futur laboratoire politique
La gauche radicale a remporté la mairie de Naples, qui accueille des élus largement issus du mouvement social. Le journaliste Angelo Mastrandrea analyse ici la composition de la nouvelle municipalité et ses projets.
dans l’hebdo N° 1156 Acheter ce numéro

Le lendemain du scrutin, Alberto Lucarelli est à son poste à l’université aux côtés d’Alain Caillé pour un colloque sur l’économie du don. Professeur de droit public à Naples et à Paris-I, promoteur des référendums pour une gestion publique de l’eau et contre le nucléaire, Lucarelli incarne parfaitement l’esprit de cette « révolution » advenue à Naples via les urnes. Dans la capitale du Sud, où la corruption et la criminalité ont ces derniers temps retrouvé leur niveau des années 1980, quand les morts se comptaient par centaines, l’impensable est arrivé : les citoyens, lors des élections municipales des 29 et 30 mai, ont élu la municipalité la plus « rouge », écologiste et altermondialiste d’Europe. Un résultat tout à fait inédit pour la politique italienne, davantage encore qu’à Milan, où a pourtant été investi