« Le Sang du ciel», Piotr Rawicz : dans la nef des fous

En 1961, Piotr Rawicz publie le Sang du ciel, aujourd’hui réédité. Un chef-d’œuvre aux images hallucinantes sur l’horreur de la destruction des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

Christophe Kantcheff  • 28 juillet 2011 abonné·es
« Le Sang du ciel», Piotr Rawicz : dans la nef des fous
© Le Sang du ciel, Piotr Rawicz, 2ème édition (www.2emeedition.com), 279 p., 18 euros.

Depuis 1961, où le Sang du ciel est paru chez Gallimard, rencontrant un excellent accueil, le livre, dont le tirage était épuisé, avait peu à peu sombré dans l’oubli. Seuls quelques écrivains, comme Hélène Cixous ou Pierre Pachet, le citaient encore, ou le nom de son auteur, Piotr Rawicz, ravivant chaque fois le souvenir d’une lecture époustouflée. Mais, jusque-là, les éditions Gallimard ne considéraient pas qu’une réédition de l’ouvrage s’imposait, au point d’autoriser une petite maison, 2ème édition, à s’en charger [^2].


Comme son ami André Schwarz-Bart, l’auteur du Dernier des justes, publié deux ans plus tôt, en 1959, Piotr Rawicz est d’origine juive polonaise et écrit directement en français. Il est né en 1919 à Lvov (Lviv, actuellement), capitale de la Galicie, aujourd’hui sur le territoire ukrainien mais qui appartenait entre les deux guerres à la Pologne indépendante. Il étudie le droit et les langues orientales à l’université de Lvov, où il fait la connaissance de sa future épouse, Anna.
 Après l’invasion allemande en 1941, il s’enfuit sur les routes. Il est arrêté par la Gestapo mais réussit à cacher son identité juive. Déporté à Auschwitz en tant que prisonnier politique ukrainien, il y reste deux années puis est libéré en 1945 du

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Culture
Temps de lecture : 7 minutes