« Nos ancêtres les gauloises » : identités nationales

Dix femmes françaises venues d’ailleurs se découvrent face aux caméras de Christian Zerbib. Un témoignage apaisant.

Erwan Manac'h  • 16 novembre 2011
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« Nos ancêtres les gauloises » : identités nationales
© **Nos ancêtres les gauloises** , l'identité nationale se conjugue au féminin pluriel, 1h30, Christian Zerbib : [www.nosancetreslesgauloises.com](http://www.nosancetreslesgauloises.com/) – En salles depuis le 9 novembre Photos : www.nosancetreslesgauloises.com

« Partir, c’est une violence !» , avoue Marjion Barrière, 51 ans, dans la lumière des projecteurs. Venue de Hollande à 17 ans, pour fuir une vie qui l’emprisonne et faire des études, elle a construit sa vie avec ce souvenir vibrant. « Même quand il n’y a pas de violence policière, étatique etc. On abandonne toujours quelque chose. »

Expérimentant avec ce film une démarche artistique originale, Christian Zerbib a filmé dix mères de famille naturalisées françaises, qui ont accepté de monter sur scène pour une pièce retraçant leur histoire. Diane Seng, Germaine Fouya Boukari, Aliyé Sagitoglou et les autres, dix visages et des accents, racontent leur vie face caméra. Les projecteurs braqués sur leur intimité, elles expriment sur scène des souvenirs douloureux.

Illustration - « Nos ancêtres les gauloises » : identités nationales

La rencontre commence timidement, dans la neige et le froid de la campagne. Une visite guidée dans un musée de l’histoire de France qui pousse la troupe réunie pour la première fois à s’interroger sur les Gaulois, peuple métissé. Les dix comédiennes amatrices sont ensuite réunies pour s’approprier le texte écrit à partir de leurs témoignages et apprendre à porter leur voix. Leur parole se délie patiemment, dans le rire et les larmes, à mesure qu’elles font connaissance.

Chez elles ou au gré des heures passées sur scène, seules ou en groupe face aux metteurs en scène silencieux, elles se racontent avec bonheur et auto-dérision. Les premières heures sur le sol français, leur vie de famille, leurs déboires amoureux… Elles portent sur la France un regard bienveillant, sans se taire sur le racisme, le chômage et la violence des inégalités. Chacune avec une grande fierté pour leur double culture.

Nos ancêtres les gauloises est une réponse drôle et sereine aux crispations contemporaines qui voudraient cloisonner les différences. Une preuve agréable que l’identité peut se décliner au pluriel et dans la bonne humeur.

Culture
Temps de lecture : 2 minutes
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