Peine de mort : « Un non-sujet en Amérique »
Arnaud Gaillard et Florent Vassault ont tenté de comprendre le rapport particulier que la société américaine entretient avec la peine capitale. Il en ressort un film marquant. Rencontre.
dans l’hebdo N° 1176 Acheter ce numéro
Avec Honk, Arnaud Gaillard et Florent Vassault enquêtent sur les fondements de la peine de mort aux États-Unis. Ils s’expriment alors que l’exécution de Hank Skinner, prévue le 9 novembre, vient d’être reportée.
Est-ce toujours au dernier moment que les condamnés apprennent le report de la sentence ?
** Florent Vassault :** Souvent ! Quand le détenu a déjà pris son dernier repas…
Arnaud Gaillard : La loi prévoit que le gouverneur puisse gracier le condamné jusqu’au dernier moment ; de même, un recours peut être accepté dans les dernières minutes. Cela fait partie du processus d’inhumanité qui gouverne tout le système judiciaire. Le jeu pervers de la pendule fait partie du processus de torture que constitue la peine de mort.
F. V. : Le personnage de Curtis dans Honk évoque ce condamné qui se suicide le jour de son exécution et qu’on ranime pour qu’il subisse la sentence.
A. G. : Administrer la mort ne relève que du pouvoir de l’État. Honk montre cette indifférence de la société américaine, qui ne voit pas la main politique derrière la peine de mort. Celle-ci fait partie de la loi, de