Le discours du divertissement

De Valéry Giscard d’Estaing à Nicolas Sarkozy, la télévision n’a cessé depuis les années 1980 de transformer le débat politique en talk-shows divertissants.

Jean-Claude Renard  • 8 décembre 2011 abonné·es

Valéry Giscard d’Estaing en précurseur. On est le 29 septembre 1970, à « Midi chez vous », produit par Jacques Martin. Depuis les jardins de la mairie de Chamalières, la starlette du petit écran, Danièle Gilbert, interviewe le ministre de l’Économie et des Finances et maire du village. Elle minaude. « Monsieur le maire a-t-il le temps de se distraire avec tout le travail que représente la mairie de Chamalières ? » Elle sait de quoi elle cause, elle y est née. Et monsieur le maire de sortir son accordéon pour jouer « Je cherche fortune autour du chat noir ». Gros plan serré sur le regard profond (forcément profond) d’un homme politique qui a compris qu’un passage à la télévision, c’est un point de gagné. Deux ans plus tard, Giscard fait venir les caméras quand il participe à un match de foot, toujours à Chamalières. Il marque le penalty de l’égalisation à 90 secondes de la fin du match avant de répondre torse nu aux

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Publié dans le dossier
La politique noyée dans le talk-show
Temps de lecture : 10 minutes