Fukushima, encore quarante ans

Les réacteurs accidentés semblent désormais sous contrôle, mais il faudra des décennies pour résorber les dégâts et nettoyer les zones contaminées. L’avenir du nucléaire nippon est remis en question.

Patrick Piro  • 5 janvier 2012 abonné·es

Quinze jours avant le réveillon, les autorités japonaises se sont octroyé un petit cadeau : un communiqué satisfait qui décrétait l’accident de Fukushima techniquement « terminé ». C’est-à-dire que, dans les trois réacteurs où le combustible a fondu, la température est stabilisée depuis quelques semaines en dessous de 100 °C, inférieure au point d’ébullition de l’eau de refroidissement. Les risques de surchauffe sont réduits et les émissions radioactives en principe « sous contrôle ». Les réacteurs ont donc été déclarés en situation « d’arrêt à froid » .

Une métaphore hardie : ce terme est réservé à des réacteurs en état de fonctionner, dont on peut évacuer le combustible. À Fukushima, la complexité de l’accident est telle que les autorités prévoient qu’il faudra peut-être vingt ans, voire plus, pour extraire la totalité du corium, ce magma radioactif formé par le combustible et les structures qui ont fondu à l’intérieur des trois cuves. Les robots capables de mener ce chantier inaccessible aux humains sont encore à inventer.

L’état même du

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Écologie
Temps de lecture : 6 minutes

Pour aller plus loin…

« Refuser de se positionner publiquement, c’est se ranger du côté des pires destructeurs du vivant »
Luttes environnementales 29 mai 2026

« Refuser de se positionner publiquement, c’est se ranger du côté des pires destructeurs du vivant »

La militante écologiste Lucie Pinson, fondatrice de l’ONG Reclaim Finance et Prix Goldman pour l’environnement en 2020, lutte auprès des milieux financiers pour les forcer à abandonner les investissements polluants. Pour elle, « il n’y a pas de fatalité, on décide aujourd’hui du monde de demain ».
Par Martin Eteve
« Le béton ciment est un matériau pilier du système capitaliste »
Entretien 20 mai 2026 abonné·es

« Le béton ciment est un matériau pilier du système capitaliste »

Pour l’architecte et militante écologiste Léa Hobson, l’intersectionnalité des luttes est la seule voie pour s’opposer aux impacts majeurs de la bétonisation sur les populations, les espèces et la terre.
Par Vanina Delmas
Les mouvements citoyens ne lézardent pas face aux bétonneurs
Analyse 20 mai 2026 abonné·es

Les mouvements citoyens ne lézardent pas face aux bétonneurs

Derrière de nombreux projets responsables de l’artificialisation des sols, il y a la filière du béton, puissante et omniprésente. Malgré les risques de répression, les citoyen·nes continuent de se mobiliser pour préserver les terres agricoles et naturelles.
Par Vanina Delmas
Le vent se lève contre les ravages écologiques des data centers
Reportage 20 mai 2026

Le vent se lève contre les ravages écologiques des data centers

Un projet de construction du plus grand centre de données d’Europe, Campus IA, menace 70 hectares de terres agricoles à Fouju (Seine-et-Marne), une commune de 650 habitants. Comme ailleurs en France, des résistances citoyennes font face aux périls pour le vivant que représente l’arrivée de ces infrastructures.
Par Martin Eteve