La banlieue auscultée

Précédée d’une polémique, l’étude menée à Clichy-Montfermeil par le sociologue Gilles Kepel a provoqué des commentaires polarisés sur la question de l’islam, au mépris d’autres aspects.

Ingrid Merckx  • 9 février 2012 abonné·es

Le sociologue Gilles Kepel l’assure : son étude sur Clichy-Montfermeil n’est « ni de droite ni de gauche, ni partisane ni idéologique, mais scientifique » . Si tant est que la science puisse rester neutre, en particulier sur un tel sujet : « L’articulation entre société, politique et religion en banlieue » . A fortiori dans le contexte dans lequel cette enquête a été lancée : au printemps 2010, dans le berceau des émeutes de 2005, Clichy-Montfermeil, en plein débat sur l’identité nationale. Le tout piloté par un professeur de Sciences-Po réputé pour ses travaux sur l’islam, et commandé par l’Institut Montaigne, think-tank libéral. D’où une controverse née en octobre, avant même sa parution.

Trois mois plus tard, l’enquête paraît sous le titre : Banlieue de la République. Société, politique et religion à Clichy-sous-Bois et Montfermeil (Gallimard). Son objectif, appuyé sur une centaine d’entretiens de personnes de tous âges, origines et conditions, ­musulmanes pour les deux tiers : « Aider les élus qui, même s’ils s’efforcent d’avoir une vision à long terme, sont le nez dans le guidon. » En parallèle, Gilles Kepel publie un essai qui s’inspire des conclusions de l’étude, Quatre-vingt-treize (Gallimard). Il le présente comme ses « adieux à

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Société
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