« Le joual a fait scandale »

Rencontre avec le Québecois Michel Tremblay, dont la pièce fameuse les Belles-Sœurs est adaptée en comédie musicale, et qui publie un nouveau roman.

Gilles Costaz  • 22 mars 2012 abonné·es

Le grand auteur québécois Michel Tremblay se rappelle à nous doublement. Au Rond-Point, une comédie musicale, Belles-Sœurs , tirée de sa pièce les Belles-Sœurs , est venue de Montréal ; ce spectacle joyeux et caustique de René Richard Cyr et Daniel Bélanger, qui réunit quinze comédiennes étonnantes, est une transcription moderne d’une pièce historique qui, par sa nouveauté, bouleversa le théâtre francophone en 1968. Cet auteur de théâtre, qui est également romancier, publie par ailleurs la Grande Mêlée, qu’il appelle « roman intercalaire », car l’ouvrage se situe à la croisée de ses deux vastes cycles, les pièces des Belles-Sœurs et les récits des Chroniques du Plateau-Mont-Royal.

En 1968, vous avez 26 ans, vous avez été ouvrier, vous êtes inconnu et vous faites exploser le théâtre québécois avec Les Belles-Sœurs…

Michel Tremblay : J’étais inconscient. Je ne connaissais personne dans le milieu. Mais une lecture au Centre d’essai des auteurs a été suivie d’un reportage à la télévision, ce qui a déclenché la création – hors saison, en août – dans le théâtre le plus conservateur de Montréal, le Rideau vert, habituellement consacré aux pièces de boulevard français. Auparavant, j’avais frappé aux portes pendant trois ans ! Dans

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Théâtre
Temps de lecture : 6 minutes