Parutions

Politis  • 12 avril 2012 abonné·es

La Tentation du bitume. Où s’arrêtera l’étalement urbain ?

« On pourrait presque dire que la chose se fait “naturellement”. Le processus requiert la participation de multiples acteurs. Le maire définit le plan local d’urbanisme, accorde les permis de construire et, le cas échéant, vend une parcelle au nom de la commune. Le propriétaire des terrains, souvent agriculteur, réclame un bon prix ; le promoteur achète et lotit. […] Les acheteurs se montrent persuadés qu’ils effectuent le meilleur choix […]. Dès lors, qui est responsable ? Tout le monde. » Cet « étalement urbain » serait-il inexorable, résultant de « tendances profondes à l’œuvre dans la société française » ? C’est la question que se sont posée Éric Hamelin, sociologue urbaniste, acteur en tant que responsable d’un bureau d’études et enseignant à l’Institut d’urbanisme de Paris, et le journaliste Olivier Razemon.
Leur remarquable petit ouvrage analyse les mécanismes de ce développement ininterrompu de la plupart des agglomérations de l’Hexagone, dévorant sans cesse un peu plus l’environnement qui les entoure. Nous mettant également en garde contre la « nostalgie insondable » pour les villes denses d’antan, les auteurs se refusent néanmoins au pessimisme, convaincus que cette « tentation du bitume », comme le souligne dans une belle préface l’architecte Roland Castro, « est à surmonter et surmontable ». Et nous invitent à agir, en proposant des pistes concrètes pour « améliorer la ville soi-même ».
À lire d’urgence sur sa terrasse au soleil
ou allongé dans l’herbe !

Éric Hamelin et Olivier Razemon, préface de Roland Castro, éd. Rue de l’échiquier, 224 p., 14,20 euros.

L’État social

pour sortir du chaos néolibéral

Le modèle néolibéral ne pourra perdurer qu’au prix d’un enlisement toujours plus profond dans la crise et d’une violence sociale décuplée.
Mais par quoi le remplacer ? Le livre répond à cette question et soutient qu’une alternative est à portée de main, qui se nomme « l’État social ». Christophe Ramaux en donne une définition large, autour de quatre piliers : la protection sociale, la réglementation des rapports du travail, les services publics et les politiques économiques de soutien à l’activité et à l’emploi. Mais alors que le marché dispose, avec les théories économiques libérales, « de puissantes justifications à son service », l’État social « n’a pas ce support ». Ce livre s’attache à démontrer avec brio que cette révolution, qui a une dimension anticapitaliste, peut être pensée et mise en œuvre.

Christophe Ramaux, Mille et Une Nuits, 472 p., 20 euros

Idées
Temps de lecture : 2 minutes

Pour aller plus loin…

Violences sexuelles : et si le « oui » ne valait rien ?
Idées 28 août 2025 abonné·es

Violences sexuelles : et si le « oui » ne valait rien ?

L’inscription de la notion de consentement dans la définition pénale du viol a fait débat l’hiver dernier à la suite du vote d’une proposition de loi. Clara Serra, philosophe féministe espagnole, revient sur ce qu’elle considère comme un risque de recul pour les droits des femmes.
Par Salomé Dionisi
Insaf Rezagui : « La France pourrait être poursuivie pour complicité si elle continue de soutenir Israël »
Entretien 27 août 2025 abonné·es

Insaf Rezagui : « La France pourrait être poursuivie pour complicité si elle continue de soutenir Israël »

Alors que l’Assemblée générale de l’ONU se réunit en septembre et que le génocide perpétré par Israël à Gaza se poursuit, la docteure en droit international public Inzaf Rezagui rappelle la faiblesse des décisions juridiques des instances internationales, faute de mécanisme contraignant et en l’absence de volonté politique.
Par Pauline Migevant
Le ressentiment, passion triste et moteur des replis identitaires
Société 29 juillet 2025

Le ressentiment, passion triste et moteur des replis identitaires

Dans ce texte puissant et lucide, l’historien Roger Martelli analyse les racines profondes d’un mal-être né des blessures sociales et de l’impuissance à agir. À rebours des discours simplificateurs, il en retrace les usages politiques, notamment dans la montée des extrêmes droites, qui savent capter et détourner cette colère refoulée vers l’exclusion et la stigmatisation de l’autre.
Par Roger Martelli
« Émotions et politique » : une sélection pour compléter notre numéro spécial
Sélection 29 juillet 2025

« Émotions et politique » : une sélection pour compléter notre numéro spécial

Des livres et des podcasts à lire et écouter, en complément du numéro d’été de Politis, consacré aux émotions qui innervent la politique.
Par Politis