« Lettre à la République » : Kery James répond aux accusations

Au cours d’une interview, le 27 avril, Kery James évoquait les polémiques autour de son titre Lettre à la République . Depuis, le Bloc Identitaire a lancé une mobilisation contre le rappeur. Politis.fr publie les explications de Kery James.

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C’était avant que la polémique n’enfle. Le 27 avril, Kery James nous recevait dans sa loge du théâtre des Bouffes du Nord à Paris. Au cours de l’entretien, le rappeur évoque les critiques sur son dernier titre, Lettre à la République .

Depuis, les militants d’extrême droite du Bloc Identitaire ont tenté de faire interdire son concert, les 15 et 16 avril à la MC2 de Grenoble, en dénonçant le « racisme anti-blanc » de Kery James et en lui conseillant d’aller « vivre en terre musulmane » (à lire sur lesinrock.com). D’autres, à gauche, se disent choqués par la virulence du texte (lire les commentaires à notre portrait Kery James, à force de sincérité).

Nous publions ici les réponses de Kery James.  

Politis.fr : que pensez-vous des polémiques sur votre Lettre à la République ?  

Kery James - Photo : Believe Kery James : Il y a eu trois types de remarques. Mais j’ai répondu à chacune par d’autres morceaux, car je n’ai pas écrit qu’un texte dans ma vie.

J’ai entendu que c’était un morceau « anti-blanc ». Or j’ai écrit le titre Il n’y a pas de couleurs et même dans la Lettre à la République , je ne dis jamais que je m’adresse à des Blancs. Je m’adresse à une classe politique. Lorsque je dis « vous n’avez les mains blanches que dans vos mensonges » , cela veut dire « vous n’êtes innocents que dans vos mensonges » . Je pourrais tenir ce même discours à un dictateur africain.

On m’a aussi reproché d’être misérabiliste, mais j’ai écrit On n’est pas condamnés à l’échec . D’autres m’ont dit : « On n’est pas les seuls à souffrir » . J’ai écrit Pleure en silence .

Ces trois morceaux sont dans mon dernier album et je les joue sur scène. Ils font partie des textes que je considère comme les plus importants.
La plupart des remarques que j’ai entendues n’étaient pas fondées. Les gens ont laissé parler la fibre nationaliste. Certains aussi m’ont découvert avec ce texte, il pensent que je n’ai dit que ça.

Quel est le retour du public ? 

Les gens réagissent positivement. Des gens de toutes origines, de toutes cultures. Le public est vraiment mixte. Sur beaucoup de soirs, il y avait plus de Blancs que de Noirs et d’Arabes. Finalement, où sont ces gens qui trouvent que  Lettre à la République  est un texte raciste ? 

Mis à part cela, personne n’en a finalement trop parlé. Je pense que c’est un morceau qui a vraiment dérangé. Parce que je n’ai pas donné de nom. Ils ont senti que le premier qui viendrait se positionner contre le morceau serait celui qui était visé.

Mais moi je soulève un débat. Ils en font ce qu’ils veulent. 

Lettre à la Républic - 92.2012


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