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Par Erwan Manac’h - Suivre sur twitter - 10 mai 2012

Kery James, à force de sincérité

Pour ses 20 ans de carrière, Kery James a mis fin à un silence de 3 ans pour reprendre son rap introspectif et explosif dans l’album « 92 2012 ». Rencontre.

Il appuie chaque syllabe à s’en écorcher les lèvres, pour que ses mots frappent les pierres du théâtre des Bouffes du Nord. À 34 ans, et après une retraite de trois ans, Kery James a repris la parole avec la gravité des grands sages. Dans une adaptation acoustique de ses titres les plus poignants et à travers un film biographique, il assume son rôle de porte-parole de la banlieue. De symbole, aussi, par son parcours personnel, de 20 ans de culture rap en France.

L’enfant d’Orly a débarqué dans le rap en 1992 à l’âge de 14 ans. 20 ans plus tard il figure parmi les patrons du rap « conscient », grâce à la sincérité de son récit de la vie « de rue » et la puissance de ses textes. « Chaque lettre est trempée dans un souvenir sanglant / je pleure des larmes de sang / (…) et si mes rimes sont belles c’est que mon âme fond », rappe-t-il en 2008 dans Laisses nous croire.

Pour son retour, il a réorchestré certains de ses plus beaux textes en épurant son style pour leur faire plus de place. Les instrumentaux raps ont été délaissés pour la sobriété d’un arrangement clavier-percussion, comme il le fait occasionnellement depuis 2001. Nus, ses textes redoublent de force.

Au théâtre des Bouffes du Nord, à Paris, où il jouait en avril, l’alchimie est parfaite. Chaque chanson sonne comme un cri de révolte ou d’indignation, à la fois intime et politique. Des "classiques" du rap français auxquels Kery James a ajouté en 2012 une Lettre à la République, le seul titre inédit avec un instrumental "rap" de son dernier album, 92.2012. Il s’adresse à la « France islamophobe » et aux « racistes à la tolérance hypocrite », plongeant dans le passé colonial de la France et sa « mémoire sélective ».

Kery James - « Lettre à la République »

« Mon texte concerne une classe politique, je ne m’adresse pas à des “Blancs“ », précise-t-il à revers de quelques critiques qui lui reprochent sa « violence », ou le taxent même de racisme. Vu 3 millions de fois sur internet en moins de trois mois, le titre a rencontré le succès en dehors des canaux médiatiques que le rappeur, insaisissable dans la vie, fuit comme la peste.

La Lettre à la République est même entrée au répertoire de certains militants et résonne désormais dans des manifestations. « Ah bon ? » s’étonne Kery James dans un rire, quelques heures avant de monter sur la scène du théâtre des Bouffes du Nord, à Paris. « Ben allez-y servez-vous. Moi je soulève simplement des débats, à chacun d’en faire ce qu’il veut. Je ne veux pas devenir le rappeur politico-social. Je veux garder ma liberté. »

Les vrais ressorts de son engagement apparaissent dans le documentaire introspectif, Les quatre visages de Kery James, finalisé en 2012. Le film examine tour à tour Alix l’enfant d’Orly, Kery le rappeur mordant, James l’homme de la rue et Ali le croyant. « Son parcours est symptomatique de ce que vivent des milliers de jeunes, observe Philippe Rozès, réalisateur. Il s’est construit une conscience politique, ou même plutôt “humanitaire“, par lui-même comme toute sa génération arrivée après la mort des idéologies. » Outre son talent d’artiste, Kery James possède une sincérité féroce, frôlant parfois l’autodestruction, qui lui permet de sublimer ses contradictions. « Je ne suis pas un personnage facile à comprendre, j’ai besoin de temps pour rentrer dans la profondeur, explique l’intéressé. C’est aussi pour cela que je fais des chansons longues. »

Les quatre visages de Kery James

L’enfant prodige du rap français pose son premier texte en 1991, à 14 ans, sur le premier album d’MC Solaar [1] qui le repère à Orly lors d’un atelier d’écriture. Après le foyer et la famille d’accueil, Alix Maturin, l’enfant né en Guadeloupe et éloigné de son père, sèche les cours et ne vit que pour la danse. Mais son « flow » hors pair et sa plume le propulsent dans le rap. Déjà, il écrit pour dénoncer le racisme. « On avait finalement une certaine maturité très tôt dans notre écriture », juge-t-il aujourd’hui.

« Il a la chance d’être tombé dans un groupe qui avait des choses à dire, raconte Philippe Rozès. Avec Mc Solaar comme professeur, ils se sont forgés un état d’esprit ».

À l’heure de ses premières scènes en 1991-1992, son groupe Ideal Junior tombe dans le giron d’un producteur prêt à en faire des enfants-stars. « C’est quelqu’un qui nous a mis en danger, se souvient Kery James, à nous emmener en limousine au Bain douche, [une discothèque], avec des mannequins, à 14 ans... J’ai réussi à m’en sortir et grâce notamment à l’appui de DJ Mehdi, toutes leurs tentatives de nous emmener vers une musique commerciale ont échoué. »

Ideal J - « Danse avec moi »

Un contrat juteux chez Barclay leur est proposé. Kery James le refuse et arrête une première fois le rap. Il s’enfonce alors dans l’illicite. Dealeur, puis de retour dans la musique avec la « Mafia K’1 fry » et les tournées à 50 rappeurs, Kery prend le visage de « James », sombre et dur, et coupe les ponts avec sa mère. « On avait enclenché un mécanisme qui nous emmenait nécessairement à la mort ou la prison », explique-t-il dans le documentaire, reprenant une des phrases qui l’ont rendu célèbre. « C’est un des rares rappeurs pour qui on peut dire que son rap et sa vie sont la même réalité », juge Philippe Rozès.

Mais le meurtre d’un membre emblématique du groupe en 1999 lui impose une violente remise en question, qui se dessinait déjà chez l’adolescent débordé par les événements. Interviewé à 22 ans, il dit : « je n’ai plus le goût de vivre et de changer les choses ».

Thug Life, extrait de l’album de Mafia K’1 Fry, « Jusqu’à la mort » en 2007 :

Il se retire de nouveau du rap et se convertit à l’islam, qu’il embrasse sans concessions. Il devient Ali, l’introspectif, qui cherche la paix « entre des eaux profondes et troubles », renoue avec sa mère et quitte la rue. Il revient à son art en 2001 avec Si c’était à refaire, un album sans instrument à cordes ni à vent pour respecter les prescriptions religieuses.

Les quatre visages de Kery James

Le projet, lancé par Souhil Chibale, producteur de Kery James jusqu’en 2005, devait accompagner la sortie de l’album collectif Savoir et vivre ensemble et l’album solo Ma Vérité en 2003. Mais l’échec commercial de ce dernier et le repli du rappeur mettent le documentaire entre parenthèses. Il renaîtra après le retour triomphant de Kery James, double disque de platine en 2008 et 2009.

Ce film de 2 h 15 retrace les vingt ans de carrière du rappeur avec le témoignage de nombreux proches. 400 heures d’images d’archives ont été sorties de l’oubli.

Puis il infléchit sa pratique de la religion et revient dans un rap plus classique, avec Ma vérité, en 2003. Un échec commercial, qui sera suivi d’une longue traversée du désert. En 2008 et 2009, il retrouve le succès avec deux albums en deux ans, À l’ombre du show business et Réel, tous deux disques de platine [2]. Il s’engage pour le peuple palestinien, au nom des quartiers de France ou s’attaque au mythe de l’argent « facile » en décrivant le coté sombre de la « rue ».

Une fois de plus, il étouffe. Et c’est en chanson, dans une Lettre à [s]on public, qu’il annonce en 2009 sa retraite temporaire « pour mieux reprendre de l’élan ».

Maturité

« J’ai failli ne pas revenir, annuler les Bouffes du Nord et mon album. C’est mon manager qui m’a convaincu de maintenir, raconte-t-il. 92.2012 est un projet intermédiaire pour se remettre dans le processus d’écriture. »

Il reprend donc son témoignage et s’épanche sur scène avec la douleur d’un repenti. Un album de rap et une tournée sont promis pour 2013 avant qu’il ne revienne vers l’acoustique, qui « correspond plus à [s]a maturité ». Kery James contient désormais sa rage pour entrer dans son costume, assumé, d’icône de « la seconde France ».

« Les Quatre Visages De Kery James » - Teaser (Part I)

« Les Quatre Visages De Kery James » - Teaser (Part II)

Nota Bene :

Photo : Believe

[1] Qui sème le vent récolte le tempo

[2] Plus de 100 000 exemplaires vendus

Commenter (12)

Commentaires de forum
  • Kaya 13 mai 2012 à 15:50

    Je reconnais la qualité de ce qu’a pu faire Kery James. Son rap a bercé mon adolescence et a participé à la construction d’une conscience politique chez moi.

    Mais il a toujours eu un discours trash. Il a d’abord pondu du rap agressif, esprit gangsta et anti-système, homophobe (« je suis blazé de supporter ton air de pédé, dalle-pé » dans opération coup de pompe - idéal j - le combat continue ou encore « hardcore comme deux pédés qui s’embrasse en plein paris » dans hardcore - même album même groupe) mais malgré tout teinté d’une certaine authenticité. Il a ensuite vendu son âme à dieu et envoyé des messages plus consensuels d’amour entre les peuples très loin de ses premiers textes (y’a pas de couleur pour aimer), il cultive alors son image de mauvais garçon repenti et sa démarche est désormais prosélyte et commerciale (début des années 2000). Je connais moins ce qu’il a fait après car je me suis un peu éloigné du rap . Il me semble d’ailleurs que c’est à peu près à cette époque que le rap commercial devient presque exclusivement gangsta ou bling-bling et que le rap conscient disparait des médias traditionnels, enfin c’est mon impression (fabe arrête le rap, la scred connection tombe dans.l’anonymat, i am et ntm commencent à faire de la merde, rohff nous sort un magnifique "turbo diésel sport injection"...).

    Je peux reconnaître des qualités chez Kery James (le fait de faire du rap conscient, la qualités de ses textes, son flow) mais ça me débecte qu’il soit érigé en icone du rap au vu du fond qu’il défend et qu’il a pu défendre (de l’homophobie au prosélytisme religieux à la abd el malik). Il est je pense représentatif d’une partie de la pensée des quartiers mais je vous trouve bien complaisant en omettant de mentionner ce qui pour moi n’est vraiment pas un détail.

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    •  
      @NAg4wika 14 mai 2012 à 11:27

      Je fais corps avec les points soulignés ci-dessus.
      Kery James tient un discours d’extrême droite façon "Frères Musulmans" et sa "Lettre à la République" est la radicale synthèse d’un fondamentalisme qui se profilait déjà lorsqu’il déclarait ne vouloir utiliser que des instruments "conformes" à "sa religion" dans ses chansons.
      Cet article manque d’exigence.

      Salutations républicaines,

      NAg4wika

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      •  
        rapconscient 14 mai 2012 à 12:03

        Bonjour,

        je ne suis pas du tout d’accord avec votre analyse. "Lettre à la république" n’a rien de fondamentaliste. Citez-moi les passages que vous trouvez extremistes ? Quand il parle de la France, ils ne parlent pas de tous les Français mais surtout des dirigeants. Et dire que ceux ci sont islamophobes vu la dernière campagne présidentielle n’est pas su tout exagéré. D’ailleurs lui-même dit "est-ce que les Français ont les dirigeants qu’ils méritent ?’ c’est bien la preuve qu’il ne met pas tout le monde dans le même panier.
        Quand il dit qu’ils "rêvent d’un français unique, avec une seule identité", c’est ça qui est fondamentaliste ? Non c’est une vérité. Relisez les discours de Sarkozy de l’entre-deux tours ! "Face aux mêmes électeurs, les mêmes peurs sont agitées" et j’ai l’impression en lisant votre commentaire que ça marche bien.
        Comme il le dit si bien vous exprimez le racisme "sous couvert de laïcité".
        Alors bien sur, il a eu une période où il était très pratiquant et il l’écrivait dans ses textes, parce que comme le dit le titre de l’article c’est le plus sincère peut-être des artistes de rap. Il écrit ce qu’il vit. Mais est-ce qu’il insultent ce qui ne sont pas musulmans ? Non je n’ai jamais entendu ça dans ses textes. En quoi est-ce dérangant ? Franchement, un peu de tolérance dans ce monde ne ferait de mal à personne.

        Très bon article sinon.

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        •  
          @NAg4wika 14 mai 2012 à 18:43

          Où avez vous "lu" un supposé racisme dans ce que j’écris ? Ma compagne est vietnamienne, mon ex est marocaine et l’extrême droite pour moi n’a pas de couleur.
          Respectez mon point de vue sans courir après un jugement rapide et trop facile.

          Que n’a-t-il nommé ceux qu’il attaque et pour aller plus loin : Sarko et l’extrême droite que représentent les collaborateurs de ce dernier.
          Je n’excuserai jamais le texte de la "Lettre à la République" car ce qu’il distille divise. Les français ont besoin d’avancer solidement en embrassant les valeurs de la République française :
          Liberté, Égalité, Fraternité.

          Ces trois dernières ne sont pas, pour moi, une "illusion", mais un combat.

          Salutations fraternelles.

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    •  
      Erwan Manac’h 14 mai 2012 à 12:22

      Bonjour,

      Merci pour vos contributions. Le passé que vous évoquer n’est certes pas un détail, nous l’évoquons peut-être un peu rapidement. Mais prenons garde aux procès d’intentions ou aux accusations infondées de "double discours" ou de "fondamentalisme".

      Dans ses deux derniers albums, on est très loin de tout prosélytisme. Il n’y a pas un mot homophobe et il prêche contre les clichés véhiculés par certains rappeurs sur la rue. Il dénonce aussi sans ambiguïté le « rap capitaliste, égoïste et narcissique ».

      Le meilleur témoignage de ce qu’est aujourd’hui Kery James vient aussi de la foule métissée - à tous points de vue - qui assistait à son spectacle en avril aux Bouffes du Nord. On était loin, là aussi, de toute forme de fondamentalisme.

      E.M

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      •  
        Kaya 15 mai 2012 à 00:39

        Je suis justement gêné par le côté tout public qu’a acquis Kery James. Concernant ses propos homophobes, il ne s’en est jamais excusé (sauf erreur de ma part) et qu’il s’abstienne aujourd’hui d’en tenir me parait être la moindre des choses... D’autant plus que maintenant il s’érige en donneur de leçon de tolérance vis à vis des minorités. D’accord c’est un opprimé de par sa couleur de peau dans le contexte français (même si je crois que l’argent est un élément plus déterminent que la couleur de peau dans les rapports sociaux). Je partage d’ailleurs une partie de sa "lettre à la république" que je vomirais bien sur les électeurs de Le Pen et Sarko ainsi que tous ceux qui ont un jour dérapé sur la question de l’immigration pour leur rappeler la responsabilité de la France.

        Néanmoins, je rejoins @NAg4wika concernant l’analyse de texte : quand Kery James dit "Ce passé colonial, c’est le votre, c’est vous qui avez choisi de lier votre histoire à la notre (...) Nous les arabes et les noirs, on n’est pas là par hasard" son propos est pour le moins ambigüe. L’opposition entre le "vous" et le "nous les arabes et les noirs" est malvenue. Il manque de nuances. Pas sur la responsabilité de la France mais sur celle des citoyens. Nous profitons tous d’une puissance économique construite en partie sur le colonialisme. La responsabilité n’est pour moi pas la même entre ceux qui, peu importe leur origine, luttent pour réduire les inégalités entre les citoyens et entre les nations, par rapport à ceux qui n’ont pas cette préoccupation (y compris noirs et arabes). Je reprends encore la phrase "Ce passé colonial, c’est le votre, c’est vous qui avez choisi de lier votre histoire à la notre"... Putain dans quel camp je suis ?! Ma mère est "souchienne" selon la conception de la francitude de nos amis nationalistes, identitaires et autres penseurs de l’identité nationale. Bon après elle est bretonne donc c’est un peu une opprimée quand même ! Mon père est Algérien, Kabyle. Moi j’ai les deux nationalités... Vu d’un con de droite je suis "d’apparence musulmane" et vu de mon histoire personnelle je me sens plus français (je n’ai jamais mis les pieds en Algérie). Tout ça pour dire que je n’adhère pas au point de vue adopté par Kery James d’une responsabilité de certains (vous) vis à vis du malheur des autres (nous) par le prisme de l’origine ethnique et ce même si les conséquences socio-économiques de la colonisation touchent plus particulièrement les personnes issues des pays colonisés.

        Pour aller vite, je trouve ses textes gras et caricaturaux d’où ma déception de voir des médias que j’estime lui faire sa promotion sans critique. Je suis d’autant plus déçu qu’un mec comme fabe n’ai pas été plus reconnu alors que ses textes, tant sur le fond que sur la forme (!), étaient bien plus fins et justes (le morceau "un nuage sans fin" et plus globalement l’album détournement de son est une merveille).

        Merci à l’auteur d’avoir pris le temps de lire et de répondre à nos coms, à l’heure des médias de masse ça fait bien plaisir.

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  • @NAg4wika 14 mai 2012 à 19:11

    Voilà ce que j’avais posté en mars sur la page fb de Kery James, après avoir écouté son texte et afin que vous puissiez mieux me "voir" :

    "Je suis français, blanc (pas désolé de l’être) et je porte un héritage historique parfois lourd et parfois heureux.
    La République française est pour moi une belle idée : Liberté Egalité, Fraternité.
    Cette idée n’est pas neutre car tout y est dit.
    C’est pour ça que j’aime ce pays, même si ses valeurs sont bafouées par le pouvoir en place (c’est le moins qu’on puisse dire quand on écoute des tarés comme Guéant, Sarkozy ou Le Pen). J’suis ni raciste ni islamophobe mais je prends ce texte en pleine poire et à mon compte.

    Le sentiment qui s’en est dégagé à chaud, c’est qu’il réduit le passé de la France au colonialisme genre
    « les français sont fiers de cette partie de leur Histoire (tortures, etc), ne se sont jamais repentis de ces moments sombres, ni n’ont jamais émis d’autocritique ». Eh on vote pas tous sarko ou le pen (d’ailleurs, de nombreux musulmans ont fait élire le premier de ces deux psychopates).

    Le truc qui m’emmerde, c’est que je ne peux pas m’empêcher de penser que KJ nous met, nous, les blancs non musulmans, non racistes, mariés à des français/es issus de l’immigration parfois, en combat contre le racisme toujours, dans le même panier pourri.
    Qu’a-t-il cru ? Que ça allait nous faire plaisir ? Voilà qu’elle a été ma réaction à chaud après avoir vu le clip que j’attendais peut-être encore plus que vous.

    Résumer notre Histoire à des « racistes à la tolérance hypocrite Qui ont bâti leur nation sur le sang », non, désolé... C’est réducteur, injuste et violent.

    « Gardez pour vous votre illusion républicaine »
    C’est quoi le projet ? On vit mieux là où la religion prédomine et se fait politique (États-Unis, Iran) c’est ça ?
    La République laïque, jusqu’au dernier souffle car c’est ça aussi l’Histoire de France.

    « Bien que j’n’sois pas ingrat je n’ai pas envie de vous dire merci
    Parce qu’au fond, ce que j’ai, ici, je l’ai conquis »
    Et les disques d’or, ils sont tombés comme ça ? Il n’y avait pas de blancs dans ses concerts ni à la Fnac pour acheter ses albums c’est ça ? Sympa le message au public.

    « Narco trafic, braquages, violence, crimes
    Que font mes frères si ce n’est
    Des sous comme dans Clearstream »
    S’inspirer du pire pour cautionner le pire. Encore une fois, allons-y. J’vais aller péter la gueule de mon voisin et j’vais lui dire « c’est la faute à Clearstream » ?

    « La France est islamophobe »
    Ça fait chaud au coeur et le message est tellement porteur d’espoir...

    « Qui expriment leur racisme sous couvert de laïcité
    Rêvent d’un français unique
    Avec une seule identité »
    Non, on veut une nation cléricale voyons, que chaque citoyen puisse se reconnaître dans la religion d’État.

    « On oppose les communautés
    Pour cacher la précarité »
    Qui oppose qui dans ton texte Kery James ?

    « Comment aimer un pays
    Qui refuse de nous respecter »
    Comme Mélenchon devant Le Pen sur France 2 : « Hé oh, je suis là ! »

    Bref, j’me suis senti un peu trahi je vous le concède. C’est quoi le message ? La République c’est fini ? On brûle tout ?

    Avec ou sans Kery James, le Combat continue."

    Voilà. Alors c’était certes un peu naïf mais croyez le, sincère.

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  • DB 15 mai 2012 à 01:04

    Communiqué de Presse : Report de l’action « MC3 »
    dans le cadre de la CAMPAGNE « SE REAPPROPRIER LES EQUIPEMENTS ET LES ESPACES PUBLICS » de l’Alliance Citoyenne

    Date 15/05/12
    Contacts : DB – 06 49 19 15 14
    information : http://projet-echo.org

    Nous, membres de la campagne « se réapproprier les équipements et les espaces publics » de l’Alliance Citoyenne, reportons l’action prévue le mardi 15 mai sur le parvis de la MC2. Notre objectif était de créer les conditions d’une négociation avec les pouvoirs publics sur les 12 revendications élaborées collectivement..

    Nous avons pris cette décision après avoir eu connaissance d’un appel à manifester d’un groupe d’extrême droite, au même moment que nous, pour contester la venue d’un artiste de rap se revendiquant « noir, musulman et banlieusard ». Selon nous, un équipement public doit pouvoir accueillir tout artiste sans discrimination..

    Nous sommes résolument engagés pour que les équipements publics programment la plus grande diversité de pratiques artistiques. Et au-delà, les équipements comme la MC2, doivent être ouverts à tous, c’est à dire permettre aux citoyens, de « Paris à Malherbe », de se produire et de participer à la programmation..

    Étant donné que la négociation avec le cabinet du Maire est engagée, il nous semble adéquat de reporter notre action. Cela ne diminue en rien notre détermination à poursuivre notre mouvement, qui se base sur un travail de terrain et de long terme, à partir des intérêts des citoyens et des habitants. De même que nous ne céderons pas de terrain à l’extrême droite..

    Voir ci joint le communiqué de presse en PDF ou sur le site : http://projet-echo.org

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  • Erwan Manac’h 15 mai 2012 à 18:38

    Bonjour,

    suite à vos réactions, et celles du Bloc Identitaire (à lire sur lesinrocks.com), nous publions l’extrait de notre entretien avec Kery James au sujet de Lettre à la République.

    Le rappeur s’exprime le 27 avril, avant que les Identitaires ne lancent leur mobilisation contre sa venue à Grenoble les 15 et 16 mai.

    « Lettre à la République » : Kery James répond aux accusations (Politis.fr)

    Bonne lecture !

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  • 17 mai 2012 à 18:33

    Je suis surpris de voir ici même des gens qui jugent Kerry James sur des textes qu’il a écrit il y a plus de dix ans : comme s’il n’avait pas évolué depuis. Alors oui, il y a eu un KJ violent, homophobe, sectaire, tout ce que vous voulez, mais ce qui écoutent régulièrement ses chansons savent qu’il s’est pas mal assagi. Quant à l’accusation de de « fondamentalisme » ou de « prosélytisme », je mets quiconque au défi de me trouver la moindre parole “intégriste” dans Lettre à la République. On peut trouver le texte agressif, provocateur, excessif mais de là à parler de prosélytisme, c’est juste RIDICULE !!!

    KJ critique une certaine classe politique qui passe son temps à taper sur les Noirs et les Arabes pour faire oublier sa nullité pour ce qui est d’apporter des solutions aux vrais problèmes existant dans ce pays (chômage, pouvoir d’achat, sécurité sociale, éducation, ...). Et personnellement je trouve qu’il n’a pas forcément tord ...

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  • Esperanza 4 juin 2012 à 17:59

    "Lettre à la République" ne défend pas un fanatisme musulman ou une quelconque appartenance religieuse, mais dénonce le néocolonialisme, ce qui n’est pas comparable. Kery James veut dire que le gouvernement (sarkozyste) a plongé dans une politique d’immigration dure et justifié par de la peur diffusé H24 et que le but n’est pas de "protéger les autochtones" mais de diminuer les liberté, d’installer de la haine et de former des humains identiques ou plutôt des robots bon qu’à consommer et à obéir.
    Mais quand Kery James parle de la France, ce n’est pas du peuple mais des dirigeants français impliqués dans les réseaux de france-afrique. Il ne pose pas une question de rapport de population, de couleur ou d’origine et ne pousse pas à prendre parti mais de mettre à jour les responsablités de l’Etat Français dans la situation africaine. Et quand il dit "La France est islamophobe" ce n’est pas les valeurs de la France ou que ça s’applique à tout le peuple mais que la politique menée est islamophobe (ce qui est vrai quand le morceau sort)
    C’est surtout pour rétablir une vérité sur le comportement hypocritique de nos dirigeants.
    (sans avoir besoin de rappeler que Kery James est français tout de même)

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  • 8 février 2013 à 20:36

    Kery james est homophobe

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