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Deux excellents professionnels du cinéma et de l’audiovisuel sont dans le collimateur de leurs autorités de tutelle. Le premier, Alain Esmery, directeur de production au Forum des images, vient d’être licencié par la directrice de cette grande institution parisienne.

Près de trois cents réalisateurs, producteurs, techniciens et des organisations comme la Société des réalisateurs de films ou le Club du 7 octobre ont, en retour, publié un texte de protestation s’interrogeant sur la signification de l’éviction de ce « producteur de service public comme la télévision en mériterait », et dont les qualités sont unanimement reconnues.

Question posée : qu’en sera-t-il de la production au Forum des images sans Alain Esmery ? Le second est Stéphane Goudet, directeur du cinéma municipal Georges-Méliès à Montreuil. Les spectateurs qui fréquentent ce cinéma en apprécient l’ambition et le dynamisme. Il faut croire que la maire de la ville, Dominique Voynet, préfère la médiocrité et l’inertie.

Par une manœuvre grossière, la municipalité tente d’obtenir le départ de Stéphane Goudet, par ailleurs soutenu par son équipe et dont la situation a été dénoncée par quatre cinéastes de renom proches du Méliès, Solveig Anspach, Dominique Cabrera, Robert Guédiguian et Dominik Moll, dans une tribune parue dans l’Humanité le 24 mai.

Les motivations cachées des responsables de la Ville ? Goudet a la parole libre et n’hésite pas à dénoncer les choix de sa hiérarchie quand ceux-ci lui paraissent aller contre l’intérêt du cinéma, comme par exemple la remise en cause des dispositifs d’éducation à l’image.

Certains s’interrogent aussi sur la volonté de Dominique Voynet de se débarrasser de la gestion du cinéma, qui aura bientôt six salles, et de la confier à un groupe privé, tels Pathé ou MK2. Alain Esmery, Stéphane Goudet, ou comment la compétence professionnelle devient un problème…


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