Un garçon saisi par la mue
Avec la Nuit du capricorne, le jeune auteur Grégoire Carlé donne corps aux frémissements d’une enfance en voie d’achèvement.
dans l’hebdo N° 1252 Acheter ce numéro
«Une chaude nuit d’été. Les années 90, le vide des banlieues résidentielles, leurs squares, leurs canaux endormis. » Voilà : le cadre est planté dès les deux premières phrases. Autour des pavillons, on voit presque les arbres bruire. De fines lignes horizontales parcourent les surfaces claires, les aplats noirs absorbent les angles, les tuiles des toits sont pattes de mouche à l’encre de Chine. La nuit de Grégoire Carlé est tombée. Pas n’importe laquelle, non, la Nuit du capricorne. Rongeur de bois et creuseur de galeries, cet insecte ouvre l’album et perturbe le calme. Un jeune garçon l’écoute, aux prises avec son propre dédale. Ne plus être
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