Les syndicats de policiers demandent à Claude Guéant de rembourser

Alors que l’Assemblée nationale va débattre, jeudi 13 juin, des primes en liquide reçues par Claude Guéant en tant que « frais d’enquête et de surveillance de la police », les principaux syndicats policiers réclament le remboursement des sommes.

Ingrid Merckx  • 12 juin 2013
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Claude Guéant aurait perçu l’équivalent de 10 000 euros mensuels entre 2002 et 2004 alors qu’il était directeur du cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur. Enrichissement personnel ? Rémunération de collaborateurs ? Financements occultes ? L’actuel ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a lancé une enquête.

En attendant, le syndicat FO Centrale des personnels du ministère de l’Intérieur demande à l’ancien directeur de cabinet de rendre «ces importantes sommes d’argent» afin qu’elles soient «redistribuées équitablement à tous les agents du ministère qui subissent depuis 2010 une baisse de leur pouvoir d’achat» .

Majoritaire chez les officiers, le Syndicat des cadres de la sécurité intérieure, félicite la «rapidité» de la mission d’inspection sur les «primes Guéant» , «un sujet jusqu’ici marqué par l’opacité» .

Pour justifier ses achats en liquide, Claude Guéant aurait assuré à Libération qu’il s’agissait de « dix factures d’électroménager et d’équipement de maison, pour un montant total de 20 000 à 25 000 euros. » Dans certains quartiers, à Marseille notamment, la police patrouille à pied, faute de moyens.

Alors qu’elles ont été théoriquement abolies en 2002, ces primes exceptionnelles pour de l’électroménager devraient faire bondir plus d’un uniforme.

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