Menace sur l’eau potable
Des élus et des associations alertent sur un scandale en devenir : l’analyse de l’eau souffre de graves carences depuis qu’elle a été massivement confiée au privé. En cause, des pratiques de dumping commercial.
dans l’hebdo N° 1256 Acheter ce numéro
Un cri d’alarme est lancé par des élus et des associations regroupant directeurs et cadres des laboratoires publics départementaux. Depuis la loi sur l’eau et les milieux aquatiques de 2006, l’analyse de la qualité de l’eau du robinet, gérée par les agences régionales de santé (ARS), est en effet devenue un marché très rentable qui prend le chemin d’un scandale national en matière de santé publique. « Des pratiques de dumping commercial » ont vu le jour, ont constaté l’Association des directeurs et des cadres des laboratoires publics agréés pour les analyses des eaux (Aslae) et l’association des directeurs et cadres des laboratoires vétérinaires publics d’analyses (Adilva).
Mis en concurrence avec deux groupes privés, Carso et Eurofins, les laboratoires publics ont perdu, en quelques années, la plupart des appels d’offres concernant les analyses sanitaires de l’eau potable. « Un effondrement des prix de vente des analyses est à l’origine de cette nouvelle distribution du marché français », s’inquiète José Delaval, directeur général du laboratoire de Touraine (Indre-et-Loire), qui a vu filer en janvier un contrat au profit d’Eurofins. « Dans le même temps, les labos privés obtiennent des allégements de charges et échappent à l’impôt en se délocalisant, au Luxembourg pour Eurofins », dénoncent le syndicat CGT du
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