Pasolini, plus que jamais (À flux détendu)

Les Cahiers du cinéma de juillet et août publient un long extrait d’un scénario inédit.

Christophe Kantcheff  • 25 juillet 2013
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Pier Paolo Pasolini est d’une actualité qui perdure. Par l’audace de sa pensée, la diversité inventive de ses œuvres, l’exigeante radicalité de ses positions politiques. Se replonger dans Pasolini est, à tout moment, une expérience enrichissante, dérangeante, qui ne laisse pas de repos : toujours elle nous renvoie à nous-mêmes, à ce que nous faisons, à ce à quoi nous nous sommes résignés. Depuis sa mort, en 1976, un certain nombre de textes posthumes ont été publiés, comme son roman grandiose et inachevé, Pétrole, replaçant son auteur dans les médias, suscitant encore des polémiques dans son pays. Alors que se profile une exposition à la Cinémathèque à Paris, en octobre prochain, « Pasolini Roma », les Cahiers du cinéma de juillet et août publient un long extrait d’un scénario inédit : Porno-Teo-Kolossal, présenté par l’un de ses spécialistes, Hervé Joubert-Laurencin. Il s’agit du dernier projet de long-métrage du poète-cinéaste, qu’il aurait certainement réalisé, après Salò, s’il n’avait été assassiné. Porno-Teo-Kolossal s’annonçait grandiose. Non seulement parce que le film promettait un « grand spectacle » (sens du mot « kolossal » en italien), mais parce qu’il devait raconter « la poursuite de la comète Idéologie » à travers des étapes dans trois villes prestigieuses (après un départ de Naples) : Rome-Sodome, Milan-Gomorrhe et Paris-Numance. « Sodome » est la partie que l’on peut découvrir dans les Cahiers. Il s’agit d’une ville merveilleuse, harmonieuse, où la norme est l’homosexualité. Les minorités, traitées avec respect, y ont leur place, les hétéros bien sûr, et avec eux les autres minoritaires. Aujourd’hui, cette utopie-là garde toute sa charge de subversion : parlez-en à la coterie bigote des manifestants anti-mariage gay. Il reste aux autres le pouvoir de l’imagination pour deviner – un peu – les feux d’artifice que l’auteur de Théorème aurait projetés sur l’écran de cinéma.

Culture
Temps de lecture : 2 minutes
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