L’autre visage de l’Europe

Alexis Tsipras, candidat de la Gauche européenne, affiche l’ambition de « reconstruire et réunifier l’Europe ».

Michel Soudais  • 5 février 2014
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Oublier les municipales pour se projeter aux européennes. Telle était l’intention de Pierre Laurent, président du Parti de la gauche européenne (PGE), en invitant Alexis Tsipras à Paris. Une invitation qui marque pour le secrétaire national du PCF « l’entrée en campagne de toutes les forces de la gauche européenne ». Sous la coupole de l’espace Niemeyer, au siège du PCF, le président de Syriza, la coalition de la gauche radicale grecque, a présenté sa candidature à la présidence de la Commission européenne au nom du PGE. Et plaidé l’importance d’un scrutin où la famille politique qu’il représente a pour ambition de « reconstruire » et « réunifier l’Europe » divisée géographiquement entre un « Nord riche » et un « pauvre Sud », mais aussi au sein de ses sociétés dont « les deux tiers souffrent de l’austérité » quand l’autre tiers « s’enrichit par et pendant la crise » .

Au passage, Alexis Tsipras a fixé les priorités que défendront ses listes, dont celles du Front de gauche : arrêt immédiat de l’austérité et annulation des mémorandums, refondation démocratique de la zone euro, une solution collective et solidaire au surendettement dans la zone euro, « New Deal » européen, transformation écologique de la production et réforme du « cadre » européen sur l’immigration. Le 25 mai, les électeurs européens auront à choisir entre « les dirigeants politiques de la crise, ceux qui appliquent le consensus néolibéral » et « les peuples d’Europe », a résumé le candidat du PGE. D’un côté, « la droite et l’ensemble des sociaux-démocrates »  ; de l’autre, « la Gauche européenne […], seule force crédible de pouvoir alternative au néolibéralisme ». Une vision pleinement approuvée par Jean-Luc Mélenchon. À l’issue d’une rencontre au siège de son parti avec le jeune leader grec de 39 ans, quelques heures plus tôt, le coprésident du PG avait rappelé que Syriza, aujourd’hui aux portes du pouvoir en Grèce, n’avait accepté « aucun arrangement, aucun compromis d’aucune sorte avec le Pasok », le parti socialiste grec. Avant de formuler « le vœu qu’on arrive à avoir le meilleur résultat possible sur la ligne Tsipras en France ». Avant les européennes, les municipales restent bien présentes.

Illustration - L’autre visage de l’Europe - M. Soudais

Politique
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