« Libé », un journal, un vrai (À flux détendu)

On sait s’y prendre pour mettre le feu aux poudres, chez les actionnaires de Libé

Cet article est en accès libre. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas se financer avec la publicité. C’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance : achetez Politis, abonnez-vous.


Un Libération mué en « réseau social », « monétisable », dont le siège, débarrassé de ses journalistes, serait transformé en « restaurant, bar, incubateur de start-up », en « Flore du XXIe siècle ». Voilà le « projet » des actionnaires de Libé, dont l’un d’eux, Bruno Ledoux, s’est fendu d’un mail à propos de « ces esprits étriqués » – les salariés du journal – qu’il veut « rendre ringards ». On sait s’y prendre pour mettre le feu aux poudres, chez les actionnaires de Libé

Disons ici qu’à Politis nous soutenons sans réserve l’action des salariés : l’évolution du quotidien du matin en un « Libéland », avec une marginalisation de son cœur de métier – l’information –, voire, à terme, sa disparition, serait une grave perte pour le journalisme et un coup porté contre le débat démocratique. Il est évident que cette question-là est quantité négligeable aux yeux des actionnaires, pour qui l’activité journalistique ne représente même plus un produit d’appel suffisant. Pas de place, dans leur texte, pour un projet rédactionnel, qu’il soit numérique et/ou sur papier. Libération, dans l’ère du capitalisme postmoderne, n’est plus qu’une « marque », un logo pour produits dérivés, un faux-semblant marketing.

Quelle est l’identité rédactionnelle de Libé  ? Une vraie relance du titre ne peut faire l’économie de cette interrogation. Or, la singularité du quotidien, fruit de son histoire et des personnalités qui l’ont composé, s’est quelque peu diluée depuis plusieurs années. Le journal impertinent et rebelle des débuts s’est assagi, voire institutionnalisé. S’il a de beaux restes sur les questions sociétales, il est devenu orthodoxe en matière économique, par exemple. Gageons que les salariés de Libération, s’ils ont l’appui financier de nouveaux partenaires, sauront déployer des trésors d’énergie pour réinventer leur journal et sa singularité.


Haut de page

Voir aussi

Articles récents

Campagne d’appel à dons

Appel à dons : Politis a besoin de vous !
Consultez la page dédiée à la campagne

YesYes se tient plus que jamais à votre service !

Souhaitez-vous recevoir les notifications de la rédaction de Politis ?

Ces notifications peuvent être facilement desactivées par la suite dans votre navigateur.