« La Ligne de partage des eaux », de Dominique Marchais : « Un cinéma pédagogique, pas militant »
Dans la Ligne de partage des eaux , Dominique Marchais donne à penser sur l’aménagement du territoire, entre villes et campagnes.
dans l’hebdo N° 1299 Acheter ce numéro
Après le Temps des grâces, en 2009, Dominique Marchais poursuit, avec la Ligne de partage des eaux, son exploration documentaire de notre environnement et des manières dont les hommes agissent sur lui. Entretien avec un réalisateur qui allie intimement cinéma et écologie.
Pourquoi ces premières images avec un enfant faisant un puzzle ?
Dominique Marchais : Le puzzle du film représente un grand paysage : une source avec autour des alpages, puis des jardins et, en bas, l’urbain, le village. C’est une vision qui vient de l’enfance. On continue à évaluer l’extérieur en fonction de représentations totalement inactuelles. D’où la déception lorsqu’on voyage. Celle-ci vient de l’inadéquation entre les représentations que l’on a de l’espace et la réalité. Les deux films que j’ai réalisés se proposent de contribuer à l’actualisation des représentations, qui favorise non le consentement à l’état de fait mais la formulation de nouveaux projets. Que va-t-on faire avec ce qui est là, cet habitat diffus, ces rivières polluées, cette biodiversité anémiée ? Faire des films, c’est aller au-delà de sa peine pour retrouver quelque chose à aimer et à faire ici et maintenant avec les autres. C’est le sens du titre : la Ligne de partage des eaux, « partage » au sens de rassembler. Et puis, le principe du puzzle, c’est le plaisir de recoller les morceaux. C’est une métaphore intéressante pour penser le travail en commun, le travail politique. Il ne s’agit pas de lisser ou de fondre, mais de trouver les imbrications. Sur quel projet ? Et avec
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