Fumer dans la nature est-il plus dangereux que d’y déverser des milliers de tonnes de pesticides ?

Claude-Marie Vadrot  • 28 juin 2014
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Il est facile de comprendre et d’admettre que l’on puisse demander, y compris par la loi, aux fumeurs de ne pas pétuner dans des espaces clos comme les cafés et les restaurants. C’est fait depuis des années. Mais que des élus, qu’ils appartiennent à la majorité ou à l’opposition, qu’ils aient en charge un pays, une région, un département, une commune ou le quartier d’une ville cherchent à empêcher les fumeurs de griller une cigarette ou une pipe dans des espaces naturels, des parcs, des plages, des rues ou des places, à condition qu’ils n’abandonnent par leurs mégots n’importe où, semble relever à la fois de l’abus de pouvoir ou de la tentation hygiéniste et puritaine qui nous vient des Etats-Unis et d’autres pays. Quand une activité, dont il est raisonnable de croire qu’elle ne peut éventuellement que nuire à leurs poumons, sans affecter les autres, il semble logique qu’on foute la paix à leurs auteurs.

D’autant plus, s’agissant des espaces naturels et des parcs, que les mêmes élus et les mêmes censeurs continuent à accepter que tout le pays soit empoisonné, refusant de mettre les pesticides hors la loi, y compris dans beaucoup de villes et de communes, par ces produits et herbicides qui y sont toujours largement épandus, est pour le moins…paradoxal. Parce qu’il ne faut pas faire la moindre peine au syndicat agricole dominant, la FNSEA, et aux industriels qui fabriquent ces substances dont on apprend, à chaque nouvelle étude, qu’elles ont des effets très nocifs sur la santé des Français; y compris les agriculteurs, les enfants et tous ceux qui consomment les fruits, légumes et céréales ainsi traités. Sans oublier les dégâts sur les insectes en voie de disparition et donc des animaux, des batraciens aux oiseaux en passant par les poissons.

Viendra le jour où, sur la lancée de leurs ukases, ces puritains qui cherchent à se faire remarquer d’une partie de leurs électeurs, ces censeurs ennemis de tous nos petits plaisirs, interdiront aux Français, comme le font certaines autorités américaines (en Californie par exemple), de boire de la bière, du vin ou toutes autres boissons contenant de l’alcool, en public aux terrasses des cafés.

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