Gouvernement Valls-2 : ceux qui ont dit non

Particularité du gouvernement Valls-2 : plusieurs personnalités ont refusé d’y entrer et, fait assez inhabituel, elles ont tenu à ce que cela se sache.

Michel Soudais  • 26 août 2014
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Gouvernement Valls-2 : ceux qui ont dit non
© Photo de François Lamy: BERTRAND LANGLOIS / AFP

Voici un petit tour d’horizon des refus les plus significatifs, qui ont grandement tué le suspense de l’annonce du remaniement en parlant avant le secrétaire général de l’Elysée.

François Lamy , ministre de la Ville dans le gouvernement Ayrault, ce proche de Martine Aubry a refusé de revenir au gouvernement, cinq mois après en avoir été débarqué par… Manuel Valls. Contacté par Le Monde, le député de Palaiseau (Essonne) a déclaré avoir répondu cela au Premier ministre : « Ce n’est pas une question personnelle, mais comme j’ai cru comprendre   que le gouvernement ne devait  avoir   qu’une seule ligne, j’aurais peur de  poser   plus de problèmes dans quelques mois que de solutions. » Ce matin, le député frondeur Jean-Marc Germain, ancien directeur de cabinet de Martine Aubry, qui était l’invité de l’Opinion a prévenu que l’abstinence médiatique de la maire de Lille, adversaire malheureuse de François Hollande dans la primaire socialiste, était terminé. Insatisfaite des orientations économiques et sociales du gouvernement, elle pourrait faire prochainement son grand retour sur la scène politico-médiatique.

Frédéric Cuvillier , secrétaire d’Etat au Transports a, lui, refusé de rempiler. Dans un communiqué, il précise que « la mise en place d’une véritable politique maritime intégrée (…) nécessite une volonté politique forte et une capacité d’action pleine et entière. Dans la configuration qui m’a été proposée, j’estime ne pas disposer de cette capacité d’action et de l’autonomie nécessaire à la réussite d’une politique cohérente… » Ce socialiste, dont la rumeur disait qu’il n’avait accepté de participer au gouvernement Valls-1 qu’à la demande expresse de François Hollande avait déjà anticipé son départ en décidant de rester maire de Boulogne-sur-mer en contravention avec la charte de déontologie, signée par les ministres.

Son nom avait été beaucoup cité comme un possible ministre, il y a six jours, dans un entretien aux Echos, il jugeait « important que la gauche serre les rangs, vu l’état du pays » . Mais peu avant 17h, Jean-Vincent Placé a démenti son entrée et celle d’élus d’EELV dans le gouvernement.

Si le sénateur de l’Essonne, qui est aussi président du groupe écolo, était entré au gouvernement, c’est un communiste, Bernard Véra qui l’aurait remplacé comme suivant de liste, faisant du même coup tomber les effectifs écolos dans la Haute assemblée à neuf sénateurs, ce qui aurait privé EELV de son groupe.

Jean-Michel Baylet a également annoncé qu’il ne participera pas au gouvernement. Il s’agirait d’un refus de sa part, le président du Parti radical de gauche (PRG) souhaitant occuper un poste régalien – ce n’est pas ce qui lui a été proposé – à la hauteur de son apport lors de la primaire socialiste ; il avait obtenu 0,64 %. M. Baylet devra sans doute attendre la conclusion de l’affaire pour frais de bouche dans laquelle il est mis en examen depuis le 1er avril. Le PRG participera toutefois au nouveau gouvernement au sein duquel il conserve ses trois ministres il y a trois ministres – Sylvia Pinel (logement), Thierry Braillard (sport) et Annick Girardin (développement) – après avoir obtenu, selon Jean-Michel Baylet, le maintien en zone rurale des départements et des garanties sur les accords électoraux avec le PS.

Robert Hue , souvent cité comme ministrable, a démenti vers 17h30, en critiquant sèchement l’orientation de Hollande-Valls dans un long communiqué : « N i la ligne politique proposée au nouveau gouvernement ni sa composition n’étaient de nature à permettre, en tout état de cause, [la] participation [du MUP] pour agir dans le sens d’une inflexion sociale nécessaire. » Aux yeux du sénateur du Val-d’Oise, président du microscopique Mouvement unitaire progressiste (MUP) « deux questions notamment s’imposent dans l’immédiat »  qui ne font pas partie des choix du gouvernement Valls-2:
« Il est impératif que le cap politique actuel intègre un souffle social significatif en matière de pouvoir d’achat, minima sociaux, retraites et traitement des fonctionnaires. Non seulement, cela ne romprait pas les équilibres nécessaires à la relance économique mais stimulerait celle-ci, à bien des égards. »
« Il s’agit aussi que la loi permette de mieux évaluer et contrôler les moyens financiers accordés aux entreprises dans le sens de l’investissement et de la création d’emplois – mais surtout, de favoriser les aides publiques en priorité aux petites et moyennes entreprises. »
Toutefois, selon son collaborateur, cité par le Scan du Figaro, aucune proposition n’a été faite à l’ancien président du PCF.

Politique
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