« On n’a rien fait pour trouver un vaccin contre Ebola »
L’épidémiologiste Antoine Flahault fait le point sur la propagation du virus et dénonce les failles de la prise en charge internationale. Il faut renforcer l’OMS et mobiliser l’industrie pharmaceutique.
dans l’hebdo N° 1325 Acheter ce numéro

Mondialisation, déforestation, réchauffement climatique, croissance démographique… Autant de facteurs qui contribuent à la multiplication des épidémies depuis cinquante ans. Si la mortalité par maladie infectieuse continue de décroître, des affections émergentes ne cessent d’apparaître. Face à ce paradoxe, quelle anticipation internationale des risques épidémiques ? Quelle assistance aux pays du Sud où émergent ces maladies quand les industriels du médicament sont au Nord ? Et quelle mobilisation de cette industrie face à des maladies qui ne représentent pas un marché mais une menace potentielle ? Alors que l’inquiétude liée à la propagation du virus Ebola s’étend, l’épidémiologiste Antoine Flahault livre son analyse.
Que pensez-vous de la propagation d’Ebola ?
Antoine Flahault : La plupart des experts en maladies infectieuses émergentes ont longtemps pensé qu’Ebola, apparu en 1976, puis en 2013 dans les forêts guinéennes pour s’étendre au Liberia et à la Sierra Leone, serait plutôt facile à circonscrire. Si les récentes prévisions des Centers for Desease Control and Prevention des États-Unis, évoquant 1,4 million de cas en janvier 2015, se vérifient, on se sera lourdement trompé. Mais toutes les épidémies connaissent un démarrage exponentiel qui peut conduire à des prévisions farfelues. Le niveau de l’épidémie à la fin octobre 2014 (autour de 10 000 cas, dont probablement 7 000 décès attendus) ne correspond pas à des
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