Quand Grenoble raconte sa santé

La cité iséroise propose une journée de réflexions autour de l’offre de soins, ponctuée par un documentaire retraçant l’histoire des centres de santé dans le quartier de La Villeneuve.

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On est en mai 1972. A Grenoble , dans le quartier de La Villeneuve arrivent les premiers habitants. Peu de temps après germe l’idée d’occuper les lieux et, au-delà des services scolaires, de mettre en place un système de santé de proximité coordonnant les médecins, un travail d’équipe constituée de généralistes, de spécialistes et de médecins paramédicaux. L’époque est aux utopies, aux rêves, et notamment à l’idée d’une « santé pour tous » . Et par tous, pourrait-on ajouter, a posteriori . Dans ces années de luttes de droit à l’avortement, « on n’avait peur de rien » , se souvient un médecin. Les centres de santé sont alors très rares en France, à peine présents sur Marseille et dans le bassin parisien. Qu’à cela ne tienne, puisque l’époque est « très dynamique » , renchérit Guy Romier, enseignant universitaire, président des Centres de santé de Grenoble entre 1977 et 1992. De fait, le premier centre à La Villeneuve ouvre ses portes en novembre 1973, avec le soutien de la municipalité et le secteur mutualiste (et plus tard du conseil général). Un premier pari est atteint, celui d’obtenir le tiers-payant, permettant un plus large accès aux soins. A la prévention vont s’ajouter, au fil des années, une politique de dépistage, un volet sanitaire et social, des actions de santé publique, l’implication d’usagers pleinement inscrits dans cette démarche mutualiste. Malgré l’hostilité de l’Ordre des médecins ou les rivalités entre médecins salariés et libéraux, les centres de santé grenoblois prendront leur essor (lesquels serviront de modèles dans l’Hexagone), si bien que chaque quartier de La Villeneuve voudra son centre de santé… Ils seront cinq, de l’Arlequin au Mistral.

Recueillant sobrement, simplement, face caméra , les propos de nombre d’acteurs de ces centres de santé, médecins, généralistes, spécialistes, infirmières, secrétaires médicaux, la réalisatrice Aline Holcman livre ainsi une aventure humaine, sociale, et politique. Une aventure et une expérience éminemment actuelle, précisément débattue dans cette journée grenobloise du mercredi 28 janvier, consacrée à l’offre de soins, traversée de tables rondes et de débats, en présence, notamment d’Eric Piolle, maire de Grenoble, des représentants de SOS Médecins et de Jacques Donzelot, sociologue.

L’offre de soins dans les quartiers prioritaires : entre volontarisme politique et engagement individuel. Mercredi 28 janvier. 15h-18h, table ronde à Sciences-Po Grenoble (1030 avenue Centrale, Domaine universitaire, 38400 Saint-Martin d’Hères, amphithéâtre C, entrée libre). A 20h : projection suivie d’un débat du film d’Aline Holcman, De la médecine à la santé , cinéma Le Méliès, 28 Allée Henri Frenay, 38000 Grenoble.
Illustration - Quand Grenoble raconte sa santé


Photo : Le quartier de La Villeneuve, à Grenoble (JEAN-PIERRE CLATOT / AFP)

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