Nos enfants nous accuseront
Prévalence de l’asthme et des allergies, accroissement des maladies cardiaques et cardiovasculaires… Des médecins lancent l’alerte.
dans l’hebdo N° 1354 Acheter ce numéro

Thomas Bourdrel pédale dans une cuvette. Radiologue remplaçant de 40 ans, il traverse Strasbourg à vélo pour se rendre à ses différents lieux de travail. Or, la capitale alsacienne est située dans une vallée entre les Vosges et la Forêt-Noire, qui, du fait de l’absence de vent, piège la pollution entre ses murs. « C’est d’abord à vélo, avant même mes observations médicales, que j’ai pris conscience de l’impact de la pollution, confie-t-il. Je ne suis pas strasbourgeois d’origine. Avant, je travaillais à Bruxelles, qui connaît une énorme circulation automobile, mais où, du fait du climat, le taux de pollution est inférieur à celui de Strasbourg. » « Pas besoin de détecteur à Strasbourg, renchérit son collègue pédiatre Arnault Pfersdorff. Lors des pics de pollution, on a les yeux et la gorge qui piquent avant que l’alerte ne soit donnée. Je dois prescrire des inhalateurs aux enfants asthmatiques avant les cours de sport. » Quand Paris s’écharpait sur la nécessité de passer à la circulation alternée lors du dernier pic de pollution, mi-mars,