Retraites complémentaires : le traitement de choc du Medef

Les négociations se poursuivent entre patronat et syndicats sur les retraites complémentaires. Les propositions du Medef, refusées en bloc le 27 mai par les syndicats, menacent les régimes Arrco et Agirc.

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Le 27 mai avait lieu la quatrième séance des négociations sur les retraites complémentaires au cours de laquelle le Medef a présenté ses propositions de rééquilibrage des deux grands régimes : l’Arrco pour les salariés non cadres et l’Agirc pour les cadres.

L’ensemble des propositions témoignent de la vision globale du Medef sur les retraites : ne pas débourser le moindre centime, en refusant toute hausse des cotisations, et ainsi remettre en cause profondément les principes de fonctionnement de l'actuel système des retraites.

Plusieurs mesures étaient détaillées dans le document de travail fourni par le Medef aux partenaires sociaux, pour établir un plan d’économie (voir le tableau ci-dessous). Parmi elles, le décalage des revalorisations des retraites, la baisse du pouvoir d’achat des pensions de retraites, la diminution des pensions de réversions.

Fin de la retraite à 62 ans?

Mais une mesure en particulier a provoqué la colère des syndicats hier: l’abattement temporaire dégressif des retraites en fonction de l’âge atteint (n°7 dans le tableau). Autrement dit, si le Medef arrive à ses fins, la remise en cause du départ à la retraite à 62 ans.

Le Medef voudrait qu’à partir de la génération 1957, il faille atteindre les 67 ans pour toucher sa pension dans sa globalité. Dès lors, un salarié qui voudra prendre sa retraite à 62 ans verra sa pension complémentaire amputée de 40%, 30% à 63 ans, 18% à 64 ans etc.

Illustration - Retraites complémentaires : le traitement de choc du Medef
Source : Document de travail présenté le 27 mai par le Medef, la CGPME et l'UPA.

Autre mesure: la fusion des caisses de l’Arrco et de l’Agirc . L’objectif est d’utiliser les fonds de la caisse des salariés pour renflouer celle des cadres. Les deux caisses seront à sec respectivement en 2027 et 2018. La proposition hérisse l’Ugict-CGT et la CFE-CGC, qui craignent la fin du statut des cadres, (pour qui les pensions complémentaires représentent en moyenne les deux tiers de la pension totale).

Face à l’opposition unanime des syndicats lors de la réunion du 27 mai, les propositions du Medef devraient faire l’objet d’une réécriture d’ici le 22 juin. Le représentant du patronat Claude Tendil n’a d’ailleurs pas exclu un allongement des négociations au delà de cette date « Je souhaite aboutir [à un accord] le 22 juin, mais je préfère aboutir en octobre qu'échouer en juin » , a t-il déclaré. Mais difficile de croire en une réelle volonté d’accord de la part du patronat, qui sait qu’en cas d’échec des négociations, il aurait l’avantage.

Jean-Louis Malys, de la CFDT, a déclaré à l’issue des négociations : « s’il n’y a pas d’accord, [Pierre Gattaz, patron du Medef] refile le bébé au gouvernement. Or le déficit des complémentaires entre en compte dans le déficit de Maastricht… » . De quoi rendre le patronat sûr de lui.

Document de travail présenté le 27 mai


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