Royaume-Uni : Au programme, austérité et xénophobie
Après une victoire aussi nette qu’inattendue, David Cameron annonce cinq années de régression sociale et ravive la flamme thatchérienne. Correspondance, Emmanuel Sanséau.
dans l’hebdo N° 1353 Acheter ce numéro

«Un résultat cauchemardesque [^2] ». Voilà la réaction de la gauche au lendemain du scrutin qui a vu David Cameron obtenir, jeudi dernier, un nouveau mandat à la tête du Royaume-Uni. Un résultat d’autant plus abrupt que les sondages prédisaient « les élections les plus incertaines d’une génération », nourrissant l’espoir d’une éventuelle coalition anti-Tories. Grossière erreur de calcul : le chef des conservateurs a désormais les mains libres pour gouverner sans alliance avec les libéraux démocrates et peut se délecter d’une véritable hécatombe parmi ses adversaires. En l’occurrence, les démissions du chef des travaillistes, Edward Miliband, et de son ancien partenaire de coalition, Nick Clegg. Si celle du chef de l’UKIP a été rejetée par le comité national exécutif de son parti le 12 mai, Nigel Farage a dû renoncer à son espoir d’une entrée fracassante à Westminster. Même le bras droit de Miliband, Edward Balls, préposé au