Grèce : Kos, l’autre porte de l’Europe
L’île proche des côtes turques est le Lampedusa grec. Chaque jour, des centaines de migrants y échouent. Correspondance d’Angélique Kourounis et de Thomas Jacobi.
dans l’hebdo N° 1357 Acheter ce numéro

Ils marchent en groupe sur le côté de la route, escortés de policiers et d’une jeep dans laquelle sont entassés tous les baluchons. Docilement, ils se dirigent vers le commissariat. Le soleil sèche leurs vêtements trempés. Cela fait à peine une heure que le Zodiac surchargé en provenance des côtes turques a accosté sur une plage perdue de l’île de Kos. Dès leur arrivée, avant même de se changer, ils ont déballé leurs téléphones portables, qu’ils avaient protégés de l’eau dans des sacs en plastique hermétiquement fermés avec du scotch. Pour l’eau, mais aussi parce que les passeurs les avaient prévenus « que les gardes-côtes pouvaient les repérer si les téléphones étaient ouverts ». En réalité, les passeurs voulaient avant tout les empêcher de filmer la pénible traversée, mais, une fois sur la terre ferme, tout ça est oublié.
Tous veulent maintenant prévenir les leurs, restés au pays ou en rade sur le port turc de Bodrum, juste en face. « On a réussi, on est en Europe ! Dieu soit loué ! » La famille est rassurée. On entend