L’Image manquante

Conjuguant l’intime et l’universel, Rithy Panh revient ici sur son enfance.

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Conjuguant l’intime et l’universel, comme c’était déjà le cas avec S 21, la machine de mort khmère rouge, La France est notre patrie, ou encore Le papier ne peut pas envelopper la braise, Rithy Panh revient ici sur son enfance, marquée par les atrocités khmères rouges, entre 1975 et 1979. Quand il a été, avec sa famille, déporté dans un camp de travail. Soit un exercice de « Je me souviens », au commentaire feutré, à la première personne. Film de mémoire s’il en est, constitué d’archives, au montage remarquable. Mais pas seulement. Parce que raconter une histoire, en lui donnant une forme certaine, c’est le credo du réalisateur. Ce film n’y échappe pas, avec un récit illustré par des figurines d’argile, les unes représentant des proches disparus, les autres des scènes de camp, stupéfiante poésie tranchant avec la violence des faits, exprimant le deuil infernal à vivre, mais permettant, in fine, de reconstituer (ou pas) « l’image manquante », les existences envolées, terrassées. C’est le souffle d’une âme, de démons jamais très loin, une négociation avec le passé, avec ses morts, parce qu’on ne peut jamais faire autrement. Présenté à Cannes en 2013, le film avait été diffusé en octobre de la même année sur Arte. Rithy Panh n’en espérait pas moins une sortie en salle. Voilà qui est fait.


L’Image manquante , Rithy Panh, 1 h 31.

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