Vaccins : comment les labos font la loi
Pénurie de DT-Polio, échec du vaccin anti-grippe, mise en cause du Gardasil : la désinformation et une série de scandales alimentent les doutes, tandis que l’industrie pharmaceutique continue de toucher le jackpot.
dans l’hebdo N° 1375 Acheter ce numéro

Le 28 septembre 2015, les sénateurs débattent du projet de loi de santé. Laurence Cohen (Front de gauche) dépose un amendement demandant « de suspendre le recours à des vaccins dont les adjuvants peuvent se révéler toxiques ». Rejeté. Aline Archimbaud (membre du groupe écologiste au Sénat) dépose un autre amendement « de repli » : « Les producteurs ont pour obligation d’assurer la possibilité de substitution aux vaccins […] contenant un adjuvant avec aluminium par des vaccins équivalents […] sans aluminium. » Rejeté également. « Il ne faudrait pas qu’une campagne anti-vaccination, même limitée à l’adjuvant, participe au discrédit de la vaccination », explique Gérard Roche (UDI). « Je ne suis pas contre les vaccins, je suis pour la liberté de choix !, riposte Aline Archimbaud. Puisque certains vaccins sont obligatoires en France, contrairement à chez nos voisins, qu’on puisse au moins en prendre sans adjuvant ! » La situation est paradoxale : « Parce qu’il existe des suspicions concernant ces fameux vaccins sans sels d’aluminium, on les retire de la vente, tandis que les vaccins avec des sels d’aluminium, pour lesquels il existe également des suspicions, continuent d’être proposés aux patients », s’étonne Annie David (PC). Commentaire de Laurence Cohen : « C’est Sanofi qui va être content ! »
L’industrie fait la politique vaccinaleCes quelques échanges concentrent les aberrations de la politique vaccinale actuelle. En 2008, les DT-Polio sans adjuvants, qui ont donné satisfaction durant plus de quarante ans, ont été retirés de la vente parce que le fabricant avait constaté un accroissement du nombre d’allergies. S’y sont substitués des vaccins avec adjuvants, dont la toxicité est régulièrement dénoncée. Sauf que le DT-Polio, obligatoire chez les jeunes enfants, est en rupture de stock. Les parents ne peuvent plus choisir entre le vaccin