Une féministe dans le bidonville
Dans la « new jungle », Baby a fait passer les femmes du silence à la contestation sociale.
dans l’hebdo N° 1376 Acheter ce numéro

L’un de ses deux téléphones sonne. Dressée dans son jean et sa doudoune noirs, Baby répond en amharique, l’une des quatre langues qu’elle parle, avec le tigrigna, l’anglais et l’arabe. Un large sourire illumine son visage marqué : « C’était une femme d’ici, elle a réussi à passer la frontière ! Regardez, elle m’a appelé d’un numéro anglais ! », s’enthousiasme la jeune Éthiopienne de 29 ans. Dans la « new jungle » de Calais, les bonnes nouvelles sont rares et vite emportées par le tourbillon d’une économie de survie en constante effervescence. Entre les immondices et les rondes des gendarmes mobiles, on se rase les cheveux, on construit une baraque en bois, on enterre les déchets. Et, au milieu de tout ça, Baby et son énergie débordante.
Depuis son arrivée dans le bidonville en mai