Les patrons des PME contestent aussi la loi travail

Ils protestent contre l’article 19 sur la représentativité patronale, qui donne encore un peu plus de pouvoir au Medef.

Margaux Mazellier  • 18 avril 2016
Partager :
Les patrons des PME contestent aussi la loi travail
© Publicité de l'UPA, l'UDES et l'UNAPL parue dans la presse régionale.

Trois organisations patronales représentant de petites et moyennes entreprises lancent aujourd‘hui une campagne pour mobiliser les élus contre l’article 19 du projet de loi travail sur la représentativité patronale. L’Union professionnelle artisanale, l’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire et l’Union nationale des professions libérales, ont publié, dans soixante-deux titres de la presse quotidienne régionale, une page représentant des salariés bâillonnés : « Le gouvernement a décidé de les bâillonner pour dialoguer exclusivement avec les représentants des grandes entreprises », ajoute l’affiche.

Les trois organisations protestent contre l’article qui découle d’un accord entre le Medef et la CGPME. Accord auquel l’UPA n’a pas été convié. La loi actuelle, votée en 2014 mais applicable en 2017 seulement, devait mesurer l’audience à partir du nombre d’entreprises adhérentes  sur le principe « une entreprise égale 1 voix ». La loi El Khomri prévoit que la représentativité patronale ne soit plus calculée qu’à 20 % selon le nombre d’entreprises adhérentes, mais à 80 % selon le nombre de salariés de ces entreprises.

Un moyen direct de sur-représenter les entreprises les plus grandes, qui adhèrent davantage au Medef. Un désavantage en revanche pour les TPE et PME qui comptent entre 1 à 250 salariés. « L’article 19 exclut l’économie sociale et solidaire du dialogue social. C’est le Medef qui décide de qui doit s’exprimer ou non. Pour nous c’est un vrai déni de démocratie », lance Olivier Aynaud, président de l’Unapl Île-de-France

Début avril, les députés ont décidé en commission de supprimer l’article en première lecture. Mais Michel Assang, président de l’Unapl, affirme que « le gouvernement a prévu de le réintroduire, soit tel quel, soit en modifiant à la marge les règles de pondération ». Avec cette campagne l’UPA, l’Unapl et l’Udes espèrent mobiliser l’opinion français et les élus locaux mais aussi les parlementaires « car ce sont eux qui auront le dernier mot », précise Olivier Aynaud.

Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

« L’extrême droite reste la principale menace des démocraties »
Entretien 13 juillet 2026 abonné·es

« L’extrême droite reste la principale menace des démocraties »

Marine Le Pen sera bien candidate à l’élection présidentielle de 2027. Et ce malgré sa condamnation en appel, le 7 juillet, pour détournement de fonds publics. Le politologue américain Steven Levitsky analyse son attitude face à la justice en la comparant avec celle d’autres populistes frappés par des affaires judiciaires dans le monde.
Par Juliette Heinzlef
Primaire à gauche : les socialistes choisissent le huis clos
Récit 10 juillet 2026 abonné·es

Primaire à gauche : les socialistes choisissent le huis clos

Les militants socialistes décident d’embarquer leur parti dans une primaire réservée aux seuls adhérents du PS et de Place publique. Selon ses détracteurs, le processus est taillé pour Raphaël Glucksmann. Olivier Faure est mis en minorité dans son propre parti.
Par Lucas Sarafian
Feuilleton judiciaire de Marine Le Pen : trois questions et deux scénarios
Justice 8 juillet 2026

Feuilleton judiciaire de Marine Le Pen : trois questions et deux scénarios

Si l’attention politique et médiatique s’est resserrée autour de la candidature de la cheffe de file du Rassemblement national pour 2027, l’agenda judiciaire ne doit pas être occulté.
Par Céline Martelet
Marine Le Pen : à peine condamnée, déjà en campagne  
Récit 8 juillet 2026 abonné·es

Marine Le Pen : à peine condamnée, déjà en campagne  

La cheffe de file du Rassemblement national commence sa campagne présidentielle coûte que coûte, après un pourvoi en cassation suite à sa condamnation en appel. La quadruple candidate veut lancer le récit de sa propre résurrection face à un « système » qui voudrait sa peau. Et gomme la naissance d’une ligne libérale portée par Jordan Bardella.
Par William Jean