Ordolibéralisme contre démocratie

Pierre Dardot et Christian Laval montrent en quoi le néolibéralisme est le produit d’une volonté politique plus que d’un processus économique.

Denis Sieffert  • 15 juin 2016 abonné·es
Ordolibéralisme contre démocratie
© Photo : Jacques Loic/Photononstop.

Après La Nouvelle Raison du monde (2009) et Commun (2014), le tandem Pierre Dardot-Christian Laval nous propose une passionnante analyse du processus néolibéral. Dardot, le philosophe, et Laval, le sociologue, posent d’emblée cette question en forme de paradoxe : pourquoi, après tant d’échecs, tant de crises – notamment celle de 2008 – et tant de ravages, le système néolibéral ne s’effondre-t-il pas de lui-même ? Ils avancent une réponse qui sert de fil conducteur à leur essai au titre sombre : Ce cauchemar qui n’en finit pas. C’est que, loin d’affaiblir le système, les crises au contraire le renforcent et le radicalisent, au point qu’elles deviennent un « mode de gouvernement ». Inutile par conséquent d’espérer la « crise finale » qui terrasserait le système. La solution ne réside pas dans un effondrement soudain de l’édifice, mais dans l’invention d’une véritable alternative.

Avant de tracer des pistes nouvelles, Dardot et Laval explorent le projet néolibéral dans toutes ses dimensions. Ils ne s’en tiennent pas à une analyse des processus économiques, qu’ils ne jugent d’ailleurs pas essentielle. Et

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Économie
Temps de lecture : 6 minutes