Philippe Marlière : « Le nationalisme n’est pas une idée de gauche »
Le cas britannique a démontré, selon le politologue Philippe Marlière, qu’un « non » de gauche à l’Union européenne était risqué dans un contexte de repli identitaire.
dans l’hebdo N° 1410 Acheter ce numéro

Le Brexit n’est pas une bonne nouvelle pour la gauche européenne, car il traduit davantage un repli sur soi qu’une critique de la politique néolibérale de l’Union, prévient le politologue -Philippe Marlière.
Y a-t-il une chance pour que le Brexit fasse bouger la ligne politique de l’Union européenne ?
Philippe Marlière : À écouter les réactions des capitales et des responsables européens, il est probable que leur action vise surtout à tenter de préserver le statu quo et d’éviter que le Brexit ne remette en cause l’architecture politique et économique actuelle de l’UE et de la zone euro. En Grande-Bretagne, une des conséquences de ce Brexit est que nous aurons encore plus de néolibéralisme, plus d’austérité, plus de dérégulation. D’autant plus que, pour les Britanniques, la politique de l’Europe n’a pas été une cause essentielle du Brexit. Contrairement au référendum sur le traité constitutionnel européen en France en 2005, la campagne s’est déportée sur des fractures sociales et économiques au sein du Royaume-Uni, qui est un pays très inégalitaire. Ce référendum a été l’occasion pour les laissés-pour-compte d’exprimer leur mécontentement et leur rejet. Il a ouvert une porte à l’expression publique xénophobe et raciste, qui jusqu’alors était