Loi travail : La farce antiparlementaire de Manuel Valls

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Manuel Valls a de nouveau engagé mardi la responsabilité de son gouvernement sur le projet de loi travail, en annonçant à la tribune de l'Assemblée nationale son recours à l'article 49.3 de la Constitution dès le retour du texte en deuxième lecture.

Le 10 mai, en première lecture, faute de majorité, le Premier ministre avait coupé court à la discussion parlementaire après trois jours de débats alors que les députés n’avaient pas encore entamé l’examen de l’article 2 de ce projet de loi qui en compte 52. Cette fois, le chef du gouvernement n’a même pas permis que le débat commence. Le coup de force antiparlementaire se répète ; la première fois comme tragédie, la deuxième fois comme farce.

Et c’en était bien une d’entendre Manuel Valls défendre, sans réponse possible des députés, les « avancées » d’un texte « de progrès social » qui, toujours selon le Premier ministre, a « fait l'objet d'une large concertation ». Comme si un mensonge dix fois répété pouvait devenir une vérité.

Si aucune motion de censure n'est déposée dans les 24 heures, le projet de loi sera définitivement adopté. Le groupe Les Républicains, qui a déjà fait savoir qu'il ne déposerait pas de motion montrant par là qu’il n’était pas opposé au texte, a quitté ses bancs à l'annonce du 49.3. Le dernier espoir de bloquer le texte repose donc sur les députés du Front de gauche, d’Europe écologie-Les Verts, non-inscrits ou « frondeurs ». Pour déposer une motion de censure, il faut 58 députés. La dernière fois, ils étaient 56. Trouveront-ils cette fois assez de courageux pour bloquer une loi inique rejetée par une majorité de Français ?


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