Barroso / Goldman Sachs : des fonctionnaires européens demandent une action en justice

Vanina Delmas  • 3 novembre 2016
Partager :
Barroso / Goldman Sachs : des fonctionnaires européens demandent une action en justice
© Dursun Aydemir / ANADOLU AGENCY

Un collectif formé par des employés des institutions européennes dénonce la non-action du comité d’éthique de l’Union européenne envers José Manuel Barroso, l’ancien président de la Commission, qui a rejoint la banque d’affaires Goldman Sachs. Ils se désolidarisent d’entrée en intitulant leur communiqué de presse : « Pas en notre nom ! » (« Not in our name ! » pour les anglophones).

Selon l’avis du comité d’éthique, l’intégrité et la discrétion sont des « notions vagues ». Nous sommes perplexes par le fait qu’un comité d’éthique devrait choisir de s’abstenir d’examiner et de clarifier ces notions. Nous sommes préoccupés par les effets dévastateurs de l’affaire Barroso dans un contexte d’euroscepticisme croissant, écrivent-il.

À lire >> Barroso à Goldman Sachs : l’éthique en toc de la Commission européenne

« Déçus » que le comité d’éthique n’ait entrepris aucune action en justice, ils formulent plusieurs demandes, énoncées très clairement. Ils souhaitent que Jean-Claude Juncker, l’actuel président de la Commission européenne, le sanctionne politiquement et financièrement, « à commencer par l’allocation mensuelle qu’il reçoit de la Commission », puis qu’il dépose une plainte auprès de la Cour de justice européenne, « considérant que cet acte a engendré un préjudice grave envers la Commission et, plus largement, envers l’Union européenne. »

Le 12 octobre dernier, ce même collectif avait remis aux institutions européennes une pétition réclamant des « mesures exemplaires contre José Manuel Barroso », signée par 152 000 citoyens européens.

À lire >> L’Europe des profiteurs

Parmi ces mesures, ils demandaient la révision et le renforcement du code de conduite des commissaires. Rien de loufoque puisque le comité d’éthique a lui-même reconnu que ce code n’était « peut-être pas assez strict ».

L’affaire Barroso a mis en évidence l’urgence de renforcer les principes de gouvernance et d’indépendance du comité éthique, concluent-ils.

Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Au Mozambique, TotalEnergies en fer de lance de l’extractivisme néocolonial
Écologie 29 mai 2026 abonné·es

Au Mozambique, TotalEnergies en fer de lance de l’extractivisme néocolonial

Après cinq années d’interruption, la firme française relance le chantier d’un mégaprojet gazier dans ce pays est-africain. Outre ses dévastations sociales et écologiques, ce dernier a mis sous tutelle un des États les plus pauvres du monde par une des multinationales les plus riches.
Par Martin Eteve
Soutenir ou partir : à Moscou, une jeunesse sous contrôle
Reportage 27 mai 2026 abonné·es

Soutenir ou partir : à Moscou, une jeunesse sous contrôle

Un samedi soir à Moscou, des jeunes se confient sur leur envie de quitter le pays et sa « fucking corruption », la peur d’être mobilisés au front, et le contournement des blocages d’internet. D’autres affichent leur fierté d’être russes.
Par Pauline Mussche et Fiora Garenzi
En Crimée annexée, la guerre non dite a bien lieu au quotidien
Reportage 27 mai 2026 abonné·es

En Crimée annexée, la guerre non dite a bien lieu au quotidien

Le territoire illégalement annexé par la Russie en 2014 est rattrapé par le conflit. Malgré un discours officiel prétendant que les civils conservent une « vie paisible », la population souffre d’une situation qui s’éternise, faite d’angoisse et de morts passées sous silence.
Par Pauline Mussche et Fiora Garenzi
En Crimée, « aujourd’hui, même ceux qui se taisent sont réprimés »
Entretien 27 mai 2026 abonné·es

En Crimée, « aujourd’hui, même ceux qui se taisent sont réprimés »

En Crimée annexée, des défenseurs des droits humains continuent de travailler malgré le harcèlement des autorités. Sous couvert d’anonymat, l’un des défenseurs de la minorité tatare a accepté de témoigner.
Par Pauline Mussche et Fiora Garenzi