Réchauffement climatique : 100 millions d’arbres morts en Californie

350 millions d’hectares forestiers disparaissent chaque année dans le monde.

Claude-Marie Vadrot  • 29 novembre 2016
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Réchauffement climatique : 100 millions d’arbres morts en Californie
© Photo : Jean-François Mutzig / Biosphoto

L’Office des forêts américain, vient d’annoncer que depuis 2010, c’est-à-dire depuis le début de la grande sécheresse qui sévit en Californie, au moins 100 millions d’arbres sont morts, desséchés, sur la surface de cet État. Le fléau a d’abord été concentré dans le sud et dans le centre de la Sierra Nevada mais il se fait désormais aussi sentir dans le nord de l’État.

Toutes les observations sur place et les quadrillages scientifiques aériens font apparaître que les disparitions d’arbres se sont intensifiées au cours de l’année 2016 : 36 millions de plus. Tout simplement parce que les végétaux, en état de stress hydrique, ne meurent pas immédiatement.

D’ailleurs, au cours de l’année presque écoulée, la mortalité a augmenté de 100 % et certains comtés californiens ne sont plus que des « cimetières d’arbres ». D’autres États voisins, également touchés par des sécheresses, subissent ces pertes forestières. Partout, ce sont les arbres centenaires ou vieux de plusieurs centaines d’années, comme les séquoias, symboles de la Californie, qui disparaissent en premier.

Disparitions programmées

Les prévisions pour les années à venir sont encore plus inquiétantes : certains massifs forestiers du sud de l’État pourraient tout simplement disparaître, laissant la place à des centaines de milliers d’hectares de taillis ; y compris dans les parcs nationaux. Un véritable et profond bouleversement des écosystèmes qui implique la disparition rapide de nombreuses espèces de mammifères, d’oiseaux et d’amphibiens.

D’autant plus que les arbres morts risquent de favoriser encore plus la propagation des incendies qui ravagent la région depuis quelques années. Situation aggravée par la diminution des crédits accordés aux services forestiers au profit de la lutte contre ces incendies.

Cette décision récente émane du Congrès (dominé par les Républicains) qui, bien avant l’élection de Donald Trump, a systématiquement réduit les subventions fédérales destinées à la préservation des espaces boisées et des espaces protégés comme les parcs nationaux. Résultat, en 2015, l’Office des forêts a dû consacrer plus de la moitié de son budget à la lutte contre le feu. Pour le nouveau président élu et son entourage, l’Office des forêts doit être rapidement démantelé…

Les forestiers estiment donc que la situation forestière va s’aggraver en 2017. Avec un accroissement spectaculaire des arbres et un accroissement des incendies. Dans un pays développé, au vu, au su, et au désespoir de tous, le réchauffement climatique montre ce qu’il se passe également dans les pays du sud : les forêts, régulatrices du climat et de la circulation des eaux, mais aussi protectrices des terres agricoles, sont en train de disparaître.

Au point que, chaque année, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), ce sont 350 millions d’hectares forestiers qui disparaissent. Effacés par le déboisement agricole, les sécheresses et les incendies…

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