Rémunération : Les grands patrons se gavent !

Le salaire global des dirigeants des 120 plus grosses entreprises françaises cotées a augmenté de 20 % l'an dernier. Ils perçoivent 3,5 millions d'euros en moyenne.

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La rémunération des grands patrons a atteint en 2015 « un niveau record », selon le dernier rapport de Proxinvest. Selon cette société de conseil engagée au service des investisseurs, les dirigeants des sociétés cotées à l'indice SBF 120 ont été particulièrement bien servis l'an dernier. En salaire, bonus annuel, jetons, avantages en nature, stock-options et actions gratuites de performance à leur date d’attribution, intéressement en numéraire et autres formes indirectes de rémunération, ils ont touchés en moyenne 3,5 millions d'euros. Soit une hausse de 20 % par rapport à 2014 !

Leurs salariés apprécieront sûrement de connaître cette générosité des actionnaires alors que les négociations sur les salaires s'engagent dans les mêmes entreprises. C'est la crise... mais pas pour tout le monde.

Pour les seules entreprises du CAC 40 (les plus grosses), la rémunération moyenne annuelle atteint 5 millions d'euros (+ 18 %). Le communiqué de ce cabinet de conseil note que « ceci excède désormais la rémunération maximale socialement acceptable définie à 240 Smic par Proxinvest (soit 4,8 millions d'euros) » qui est déjà injustifiable. Rappelons que le programme du Front de gauche en 2012, L'Humain d'abord, réclamait que le salaire maximal ne soit pas 20 fois supérieur au salaire le plus bas. Une échelle reprise par le programme de la France insoumise, L'Avenir en commun. Dans l'économie sociale et solidaire la norme est même de 1 à 7. Or la « rémunération plafond souhaitée par Proxinvest est désormais dépassée par 26 présidents exécutifs du SBF 120, contre 16 en 2014 ».

D'ailleurs, pour la première fois depuis 2005, les cinq patrons les mieux payés dépassent la barre des 10 millions d'euros :

  • Olivier Brandicourt (Sanofi) : 16,8 millions d’euros

  • Gilles Gobin (Rubis) : 16,4 millions d’euros

  • Carlos Ghosn (Renault) : 15,6 millions d’euros

  • Bernard Charlès (Dassault Systèmes) : 14,5 millions d’euros

  • Jean-Pascal Tricoire (Schneider Electric) : 10,4 millions d’euros

Ce qui n'empêchera pas les mêmes d'imposer dans leurs entreprises la modération salariale, au besoin en recourant à des licenciements. L'indécence n'a pas de limites dans un monde de plus en plus inégalitaire.


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