Justice pour Théo : les mobilisations lycéennes continuent

Après jeudi 23 février, les blocus de lycées et les manifestations « contre la violence d’État » se poursuivent et font face à une répression policière toujours plus forte.

Hugo Boursier  • 27 février 2017
Partager :
Justice pour Théo : les mobilisations lycéennes continuent
© Photo : Pierre Gautheron / Hans Lucas

Après celui d’aujourd’hui, un nouveau blocus lycéen est prévu demain, mardi 28 février, pour dénoncer « les violences d’État », suivi d’un rassemblement organisé à 11 heures à la Porte de Vincennes (Paris), à côté d’une annexe du ministère de l’Intérieur. Un autre aura lieu le jeudi 2 mars.

Les revendications sont précises : « dissolution de la BAC [brigade anticriminalité, NDLR], justice pour les familles des victimes de la police, arrêt des contrôles aux faciès, retrait du Flash-Ball, fin de l’état d’urgence ».

Ce blocus fera suite à une série d’autres rassemblements lycéens demandant justice pour Théo. Ce lundi 27 février, au moins deux lycées à Asnières (Hauts-de-Seine) étaient bloqués, un à Bois-Colombes (Hauts-de-Seine) et un à Aulnay (Seine-Saint-Denis). Quatre jours plus tôt, jeudi 23 février, des manifestations avaient eu lieu dans Paris, soutenues par quelque 16 lycées de la capitale.

Ces rassemblements se sont accompagnés de nombreuses violences. Gaz lacrymogène, grenades de désencerclement, coups de matraque, tirs de Flash-Ball… les CRS et la BAC – aidés d’un hélicoptère – utilisent les mêmes armes que d’habitude pour réprimer ces manifestants souvent mineurs.

La préfecture de police de Paris avait également ce jour-là interdit à 13 lycéens de participer à la manifestation, qui n’avait pas été déclarée, à cause, entre autres, « du niveau élevé de la menace terroriste », comme l’a révélé StreetPress. Elle avait aussi prévenu que la « responsabilité morale et juridique » des participants était engagée. Un délit infondé, a expliqué Libération.

© Politis

Certains reporters indépendants ont aussi été mis à l’écart par les forces de l’ordre, comme Alexis Kraland, à qui elles reprochaient de porter un masque à gaz et de ne pas avoir de carte de presse.

Les violences policières ont par ailleurs été dénoncées par le rapport annuel d’Amnesty International et celui du Défenseur des droits, Jacques Toubon, saisi 1 200 fois en 2016 pour des faits en lien avec l’intervention des forces de l’ordre, contre 910 en 2015.

De nombreuses associations souhaitent également interdire les lanceurs de balle de défense (dont le Flash-Ball), souvent utilisés au niveau du visage de manière totalement illégale, comme le recense ce Tumblr.

Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Vente d’armes à Israël : FedEx, gouvernement, un même enfumage
Justice 24 avril 2026 abonné·es

Vente d’armes à Israël : FedEx, gouvernement, un même enfumage

Depuis deux ans, le gouvernement répète la même formule : la France ne vend pas d’armes à Israël. Mais dans l’ombre des pistes de Charles-de-Gaulle, des cargaisons de composants militaires s’envolent bien vers les bases aériennes de l’État hébreu. Une plainte vient d’être déposée contre FedEx Express France pour complicité de crimes de guerre.
Par William Jean
En une année, 3 mosquées s’ajoutent aux 33 visées par un incendie depuis dix ans
Enquête 24 avril 2026

En une année, 3 mosquées s’ajoutent aux 33 visées par un incendie depuis dix ans

En mars 2025, Politis avait recensé au moins 33 mosquées ayant été la cible d’une tentative d’incendie. Depuis, au moins 3 autres ont été visées. Sans que les autorités n’agissent pour lutter contre l’islamophobie.
Par Hugo Boursier et Pauline Migevant
Face à l’extrême droite, Terrenoire replace la culture au bon endroit
Reportage 22 avril 2026 abonné·es

Face à l’extrême droite, Terrenoire replace la culture au bon endroit

Le duo de musiciens Terrenoire expérimente une tournée-prototype en prenant le temps de s’enraciner dans les territoires traversés et de rencontrer celles et ceux qui les habitent.
Par Vanina Delmas
Comment l’extrême droite manipule la science pour justifier le racisme
Racisme 16 avril 2026 abonné·es

Comment l’extrême droite manipule la science pour justifier le racisme

Malgré le consensus biologique, l’extrême droite ravive le racisme des sciences biologiques du 19e siècle qui ont justifié esclavagisme et colonisation. Cette résurgence irrigue le débat public et donne au racisme l’apparat d’un discours académique pour mieux se légitimer.
Par Juliette Heinzlef